Première partie:
Cannes, Mulhouse -> Hanoï en train, du 6 janvier au 6 février 2010

 

Top départ : Mercredi 6 Janvier 2010
Les patates Clabaut partent de Cannes chargées d'un panier garni surprise, merci les copains !:
  

Et les patates Steiner partent de Mulhouse quelques heures plus tard :

      

Retrouvailles de l'équipe au grand complet à l'arrivée des Steiner, gare de l'Est:

 

Zanguy

 

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Quelques jours à Paris pour fignoler les préparatifs:

 

Zanguy

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Départ de Paris, le 09 Janvier:
Le bus un samedi soir de soldes, 90 kgs de bagages, 2 carrioles et 4 enfants, des conditions idéales pour rejoindre la gare !

Gare de l'Est, et une heure en avance : du jamais vu pour notre équipe habituée aux départs "chronos".

Un nouveau comité de départ est sur place pour de dernières embrassades, dont les parents de Jacques qui ont fait la surprise de venir d'Alsace.

  

  


Les aurevoirs sont une étape vraiment difficile du voyage, nous pensons très fort à nos parents ainsi qu'à tous nos proches !

Zanguy

 

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Première escale de ce long périple : Berlin, 10 Janvier.

Les carrioles ayant été remisées dans un wagon pour vélos,et les espaces de rangements dans la cabine étant suffisants  pour y accueillir tous nos sacs, nous sommes confortablement installés à 8 dans notre cabine ... de 4.

Débarquement de nos affaires et enfants sur le quai sans aucun encombre :

 

Départ de la gare (en arrière-plan) pour 4 heures de visite de la ville :
     

Reichtag et porte de Brandenburg:
  

Bonhomme de neige devant la gare en attendant le train:
  

Zanguy

 

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Berlin - Saint-Petersbourg, du 10 au 12 Janvier :

Après 3/4 d'heure de retard le train arrive enfin mais notre voiture n'est pas du tout à l'emplacement prévu.

Attente sur le quai de la gare de Berlin:


Chargés de notre barda, nous commençons alors un sprint vers la queue du train suite aux indications d'un employé de la Deusch Bahn... mais c'est en réalité en direction de la tête du train qu'il fallait courir !
Nous nous en rendons compte après avoir dépassé plusieurs voitures et faisons alors demi-tour pour une course encore plus folle.
Les employés de la RZD (la compagnie des chemins de fer Russe) s'apprêtent à fermer les portes du train quand nous  arrivons enfin à notre voiture, exténués.
S'ensuit alors un speed-tetris pour réussir à tout monter dans le train dans la minute qui nous était accordée.

Lors de la réservation des billets de ce train nous n'avions pu obtenir que quatre couchettes dans deux cabines séparées. La première de ces cabines était déjà occupé par une dame qui s'étonna singulièrement de voir Chantal, Caro et les quatre enfants investir cette cabine prévue pour seulement trois personnes. Quand à la seconde cabine, qui était libre bien heureusement, elle fut rapidement envahie de nos deux carrioles et de nos sept sacs.
Très bien, et maintenant comment fait-on pour 35 prochaines heures de voyage ?
Après moultes négociations auprès de l'employé responsable de ce wagon, nous pouvons entreposer les carrioles dans le sas d'entrée, et mettre une partie de nos sacs dans la cabine de la dame. Cette dernière acceptera également que la personne devant partager notre deuxième cabine vienne dans la sienne plutôt que de se retrouver en compagnie de nos charmants enfants, comme c'est étonnant ! 
Nous nous retrouvons donc tous les huit confortablement installés dans une cabine de trois personnes ...

Durant ces 35 heures de voyage les enfants investissent le couloir pour le transformer en aire de jeu sous les regards étonnés, amusés ou accusateurs selon les passagers :

 
  

Notre première nuit dans ce train fût interrompue par le passage de la frontière Biélorusse vers 3 heures du matin. Les douaniers, pas très gais, eurent beaucoup de mal à comprendre comment cette cabine de trois places pouvait fournir huit passeports ...
Un inventaire cocasse des passagers a alors commencé:
 - Joseph, attention à ne pas marcher dessus il dort par terre,
 - Jeanne, c'est la petite fille sur la couchette du bas derrière sa maman,
 - Clément, oui il est là sur la couchette du milieu aux pieds de son père,
 - Cylia, vous ne la voyez pas très bien mais elle est tout en haut cachée par sa mère,
 - Jacques ... heu, c'est le monsieur qui dort dans le rangement à bagages là-haut:

Du coup les douaniers se sont déridés et nous ont complimenté d'un : "Franzozen extreme !"

Zanguy

 

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Deuxième escale de ce long périple : Saint-Petersbourg, 12 Janvier.

Nous réalisons qu'à Saint-Petersbourg il est 2 heures de plus qu'en France et donc que notre arrivée, prévue à 6h00 du matin, correspond à 4h00 du matin à Paris .... et nos montres que nous n'avons pas encore décalé affichent 1h00 du matin lorsque nous nous couchons enfin après avoir préparé nos affaires.
Jean-Guillaume finira même par s'endormir dans le couloir en attendant que les autres finissent de boucler les sacs:

Lorsque, pressés par le responsable du wagon qui a peur que nous ne mettions en retard son train, nous débarquons sur le quai en cette heure très matinale l'ambiance est surréaliste: nous sommes tout en bout de quai, il n'y a personne et tout est complétement givré (peut-être que nous nous fondions dans le décor après tout ;o)):
  

Nos premiers pas dans la gare de Saint-Petersbourg nous mettent immédiatement dans l'ambiance russe: immense, austère mais touchant.
Dans la gigantesque salle d'attente quelques personnes finissent de se réveiller devant les écrans géants diffusant une série américaine ... couvert par le son d'une musique soviétique diffusée par les haut-parleurs de la gare.

Nous entrons dans le café de la gare pour y prendre notre petit-déjeuner et sommes accueillis par une dame qui nous dévisage froidement en se demandant ce que font là ces deux familles de touristes débarquant avec tout ce barda et leurs jeunes enfants.
Cette dernière vient ensuite offrir des gateaux aux enfants toujours sans laisser transparaître aucune émotion. Notre apprentissage du comportement russe se poursuit : froid mais accueillant ...

Cette journée de découverte de Saint-Petersbourg est une pure merveille. Un rapide aperçu de cette ville magnifique qui nous convainc d'y revenir un jour pour l'explorer plus en profondeur:

Notre gare d'arrivée à Saint-Petersbourg:

L'un des nombreux canaux de la ville ...

et l'un de ses parcs enneigés:

Les patates givrées devant le "Palais d'hiver":

Des rennes en hibernation que nos enfants n'ont pas pu chevaucher:

La cathédrale Saint-Isaac voilée de blanc:

Cette visite de Saint-Petersbourg nous fait prendre conscience que notre progression vers l'Est continue. Nous ne sommes pas encore totalement dépaysés par rapport à Berlin, mais déjà complétement par rapport à Paris !
Que de changements nous allons découvrir d'ici Hanoï. Nous sommes heureux de ne pas avoir choisi l'avion !

Notre départ de cette ville se fera à nouveau sur les chapeaux de roues lorsque nous nous apercevons que nous repartons d'une autre gare alors que nos sacs sont dans la consigne de notre gare d'arrivée ... Petit footing pour Jacques et Jean-Guillaume pour aller récupérer tout notre barda, et visite expresse du métro, à l'image des autres monuments : grandiose !

Le trajet Saint-Petersbourg - Moscou (5h30) permet de reposer les troupes.

Repos des petits guerriers ...

et pour les parents, échange culturel autour d'un verre de cognac russe puis de Pastis avec Sergueï:


Zanguy

 

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Troisième escale : Moscou, du 12 au 16 Janvier.

Ces 4 journées passées à Moscou nous ont permis de découvrir une ville vraiment surprenante, et de faire une pause avant de prendre le transsibérien.

A l'arrivée nous avons été accueillis par Galoupiot et Natalia qui nous attendaient sur le quai de la gare. Lui est marseillais et elle est moscovite, nous les avions rencontrés sur un forum de voyageur mais encore jamais vu en chair et en os.
Galoupiot nous avait fourni de nombreux tuyaux sur l'étape russe de notre voyage et avait même amené nos passeports au consulat russe de Marseille. Quant à Natalia, elle nous avait aidé pour l'achat des billets Saint-Petersbourg - Moscou.
Avec toutes les heures passées à tchater ensemble, lorsque nous sommes descendus du train nous nous sommes sautés dans les bras comme des amis qui ne s'étaient pas vus depuis longtemps ...

Nous profitons d'être encore à la gare, accompagnés de Natalia pour acheter nos billets du transsibérien et nous partons ensuite pour le "Napoleon hostel", une auberge de jeunesse tenue par un copain de Galoupiot, accompagnés de nos bons Samaritains.
Nous faisons le trajet en métro, ce qui achèvera des patates déjà bien fatiguées : portiques trop étroits pour les carrioles, il faut les replier ou les porter et escaliers interminables.

    

Malgrès les difficultées, nous apprécions toutefois les stations majestueuses du métro de Moscou.

 

Durant ces 4 jours, nos enfants investissent littéralement le "Napoleon hostel" et le transforment en aire de jeu, y incluant d'office clients et employés à la fois éberlués et attendris par ces petits français débordant d'énergie.

 

Le "Napoleon Hostel" est situé à 5 minutes de la place rouge ce qui nous permet de visiter le centre de Moscou très facilement.
La première fois que nous sommes entrés sur cette place fût un moment vraiment merveilleux. Nous y sommes arrivés de nuit ce qui nous a permis de la découvrir toute illuminée. Cette place est un peu le reflêt de la diversité caractérisant Moscou. La fantaisiste cathédrale Basile le bienheureux, ressemblant à un immense gâteau surmonté de friandises, le tout saupoudré de sucre glace en cette période hivernale. La puissante forteresse du Kremlin, imposante par sa taille. Le mausolée de Lénine, sobre et austère. Et le GUM, ancien magasin d'état reconverti en galerie marchande fastueuse rassemblant une multitude de boutiques de luxe.

  
  

 

Au cours de nos diverses pérégrinations nous serons souvent frappés par la diversité qui caractérise cette ville faite de multiples contrastes:

     Babushkas cotoyant pin-up :
    

Lada d'époque cotoyant une Audi outrageusement orange:

Architecture soviétique "raffinée" cotoyant galeries marchandes clinquantes:
  

Moscou nous a également agréablement surpris par la beauté de ses différents monuments:

 
  
    

Au centre d'un pont traversant la Moskva, de curieux arbres ont attiré notre attention ...  
... ce sont les arbres des mariés. A chaque mariage, les amis des mariés viennent y accrocher un cadenas symbolisant leur engagement. Un symbole un peu radical mais l'ensemble est esthétique.

D'autres scènes nous resteront uniquement à l'esprit faute d'avoir eu l'indiscretion de voler l'image des protagonistes ...
Comme ces gardiens de toilettes de chantier faisant guise de toilettes publiques. Dans l'une des cabines, une personne y passe la journée avec un tel bric à brac que l'on se demande si elle n'y habite pas. Son rôle étant de faire payer l'utilisation des toilettes aux passants pressés.
Comme toutes ces femmes vêtues de splendides manteaux de fourrure faisant ressembler la ville à un élevage de vison en plein air. C'est étrange, en France nous avons tendance à condamner cette pratique alors qu'ici elle nous apparaît comme étant naturelle et même élégante.

 

Ce court séjour à Moscou est déjà fini. Nous sommes une nouvelle fois très heureux d'avoir pû faire une telle escale sur notre route pour Hanoï. Vivent les voyages en train qui permettent de se ré-approprier les distances et de profiter du trajet parcouru.
Maintenant direction la gare pour monter dans le mythique transsibérien. A nous la toundra sibérienne enneigée !

   
  

Zanguy

 

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Le transsibérien de Moscou à Irkoutsk en platskartny (3ème classe):

Nous arrivons devant le train toujours aussi chargés et prenons sagement place dans la file des passagers.

La provodnitsa (chaque wagon est géré par une provodnitsa) nous observe d'un air sceptique, notamment nos deux carrioles. Nous comprenons alors qu'elle considère que celles-ci ne pourront pas rentrer dans le wagon avec nous, sans toutefois nous proposer de solution. Le langage des signes commence alors pour expliquer que les carrioles se plient et qu'on va trouver une solution pour les faire rentrer. Après notre prouesse du Berlin - Saint-Petersbourg dans lequel nous avions réussi à caser toutes nos affaires dans une cabine de trois personnes occupée par nous huit, rien ne peut entamer notre confiance ! D'autant plus que nous nous sentons soutenus par les autres passagers qui tentent de convaincre la provodnitsa.
Une fois les carrioles pliées, cette dernière finira par accepter.

Pour ces 90 heures de train nous avons opté pour la platskartny, qui correspond à la troisième classe du transsibérien. Il s'agit d'une voiture dortoir pouvant accueillir 54 passagers dormant tous ensemble. Les couchettes sont compartimentées par 6 (4 d'un côté, 2 de l'autre), séparées d'un large couloir.
Outre le fait de pouvoir cohabiter avec des locaux, nous avons choisi cette classe pour son confort, aussi surprenant que cela puisse paraître.
En effet, nous nous étions dit que cela serait plus agréable pour les enfants, et donc pour nous, de pouvoir aller et venir librement dans toute la voiture plutôt que de rester cloîtrés dans une cabine ou de n'avoir qu'un couloir comme espace de jeu. De plus, nous imaginions bien nos enfants aller discuter et jouer avec les autres passagers ... ce qui qui permettrait de relâcher un peu notre attention ;o)

   
  


L'expérience a été à la hauteur de nos espérances et nous pouvons maintenant affirmer que contrairement à ce que certains nous ont dit avant de partir, la platskartny n'est pas un ramassis de russes imbibés de vodka, fumant sans se préoccuper des passagers non fumeurs, voire même volant les touristes insouciants qui partagent leur voiture ...
Bien au contraire, cette troisième classe ressemble à une auberge populaire roulante composée de gens très différents, souvent ouverts et curieux.
Durant ces 3 jours et demi de voyage, nous avons ainsi été émus des rencontres que nous avons faites et touchés par les nombreux cadeaux que nous avons reçus.

Ces rencontres commencèrent à peine le train parti de la gare de Moscou.
Nos voisins, Boris et sa femme Sardia, voyagent avec leur petite fille Chenia de 3 ans et demi. Rapidement, Jeanne et Cylia jouent avec Chenia et nous discutons avec ses grands-parents. Boris est très curieux et cherche à communiquer. Il est même bavard et nous rions de tant discuter sans trop nous comprendre.
Au cours de l'un des premiers arrêts du train, plusieurs personnes descendent pour acheter de la vaisselle vendue sur le quai. Il s'agit apparemment de la spécialité locale et les voyageurs semblent y voir un souvenir incontournable du voyage en transsibérien.
Lorsque le train redémarre, Boris et Sardia reviennent les bras chargés de 2 "somptueux" services à thé. L'un pour eux et l'autre pour nous ...
Après une longue hésitation durant laquelle nous ne savons comment accepter ce cadeau quelque peu encombrant pour le reste de notre voyage, nous remercions Boris et Sardia en leur offrant avec une certaine fierté un thé  dans notre nouveau service. Celui-ci nous sera très utile pour tout le voyage en transsibérien et il fait toujours parti de notre chargement !

  
  
 

Les rencontres s'enchaîneront ensuite durant tout le reste du voyage.

Une autre voisine de couchette, Ania, jeune fille de 21 ans accompagnée de sa mère. Ania sera la baby-sitter attitrée des enfants, les gavant au passage de bonbons et gâteaux pour leur plus grand plaisir.
Ania a des problèmes d'élocution et d'ouïe mais peu importe puisque nous ne parlons pas la même langue. Nous discuterons cependant de longues heures au moyen de gestes, dessins et photos. 
Ania sera également une spectatrice assidue et toujours émerveillée des petits tours de magie de Jean-Guillaume.

  

L'avant dernier jour du voyage un jeune homme passe devant Jacques, s'arrête, sort de sa poche une balle de gros calibre et lui tend, puis s'en va sans aucune explication ... "Heuuu, c'est quoi la signification ???" Est-ce la dernière heure de Jacques ou la naissance d'une amitié virile ?
Plus tard ce dernier repasse et entame tout simplement la conversation dans un anglais approximatif. S'en suit alors des heures de discussions sur des thèmes très variés, ponctuées de dégustation de Pastis.

Toutes ces personnes sont intriguées par notre voyage et s'intéressent beaucoup à nous. Elles nous posent beaucoup de questions et veulent tout savoir sur tout.

Mais ce sont les enfants qui rencontrent le plus de monde. Ils vont de couchettes en couchettes, de bras en bras et finissent par connaitre tout le wagon. On les voit revenir tour à tour avec des chocolats plein les poches, un téléphone portable ou encore un hochet lumineux jouant un morceau de techno criarde qui leur a été offert à notre plus grand regret (et qui fait toujours partie de nos bagages) ...
Ils auront vers la fin du trajet 2 nouveaux copains de jeu, Ali et Togrol avec qui ils feront les 400 coups. Ali et son petit frère assistent aux tours de magie de Jean-Guillaume avec beaucoup plus d'assiduité que nos enfants.

  

 

Entre ces fabuleuses rencontres nous nous régalons d'observer le paysage, confortablement installés dans nos sièges alors qu'il fait si froid dehors ...

Les paysages qui défilent sous nos yeux sont à couper le souffle et correspondent à l'image que nous nous faisions de la Sibérie en Hiver : de vastes étendues enneigées, parsemées de forêts de bouleaux et ponctuées de villages  pittoresques faits de maisons de bois.
Malheureusement nous n'en garderons que peu d'images de bonnes qualités dû à la vitesse ... et au givre sur la vitre.

  
  

Le voyage est également rythmé par des arrêts parfois suffisamment long pour pouvoir descendre du train , visiter la gare ...

  

et faire nos emplettes pour les repas:

  
  

Tels les descendants des anthropophages du Pacifique, nous nous régalons ensuite de beignets de PATATES. Mais aussi plus paisiblement de beignets de choux, poissons séchés et saucisses fumées. Les aliments étant maintenus au frais contre la vitre givrée.

 
  

Ces repas sont toujours copieusement arrosés de thé grâce à notre superbe service à thé ainsi qu'au Samovar (distributeur d'eau chaude) situé en bout de wagon:

 

Nos courtes sorties permettent de nous rendre compte ce que représentent les températures sibériennes (le minimum que nous avons eu étant -34°C) et de réaliser qu'elles étaient supportables à condition d'avoir enfilé toutes nos couches de vêtements (ce qui prend 1/2 heure pour habiller les enfants !!!).
Nous prenons conscience également  des rudes conditions de travail des employés de chemin de fer qui à chaque arrêt doivent casser la glace accumulée sur les boggies à coup de hache.

Ce trajet ne nous a pas paru trop long, bien au contraire. Il nous a permis de nous poser plusieurs jours et de nous imprégner de tout ce qui nous entourait.

Nous ne pouvons que recommander cette expérience fabuleuse !!!

Zanguy

 

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Quatrième escale : Irkoutsk, du 20 au 23 janvier: 

Notre billet indique une arrivée à Irkoutsk à 22 heures. Mais les horaires des trains correspondent toujours à l'heure de Moscou, pour "simplifier" les choses ...
et c'est donc à 3 heures du matin que nous arrivons. Anton, le propriétaire du Transsib Hostel nous attend sur le quai de la gare et nous conduit en voiture jusqu'à l'hôtel. Il est prêt de 4 heures du matin heure locale mais les enfants débordent d'énergie ....

Nous nous imaginions Irkoutsk, "capitale" de la Sibérie, comme une ville grise voire sinistre, et voilà encore des idées préconçues qui ont volé en éclat dès notre première sortie. Nous avons découvert de superbes maisons en bois, plus ou moins bien conservées mais toutes avec un charme fou, drappées dans leur manteau blanc et parées de leurs dentelles glacées: 

 

 

même les échaffaudages sont en bois ...

Nous découvrons également d'élégants bâtiments,

 

des rues commerçantes animées, et des sorties d'école pleine de vie,

    

des habitants plein d'humour, (je vous laisse lire l'inscription à l'arrière de ce 4x4, ma bonne éducation m'interdisant de la retranscrire ici !!), 

enfin, et pour le plus grand bonheur des petites comme des grandes patates, nous avons testé les parcs d'enfants, éphémères, taillés dans la glace,

    

    

Le temps est clément (en journée les températures ne descendent pas en dessous des - 20° donc tout va bien !) et nous permet de belles ballades, notamment sur les berges de la rivière Angara et sur "l'île de la jeunesse". Nous y observerons un pêcheur qui, avec une mini canne à pêche et un trou dans la glace, attendait patiemment, comme tous les pêcheurs du monde, au milieu de la rivière gelée, qu'un poisson veuille bien mordre, en vain. Pour les enfants, ces promenades sont toujours l'occasion d'une bonne sieste avec vue imprenable.

 

Encore faut-il être bien au chaud !

Malgré tout en fin d'après-midi la température chute très vite et les patates doivent regagner leur nid douillet. Pour cela nous avons testé, le taxi à 8 plus chauffeur, mais il n'y aura pas de photos, trop serrés dans l'habitacle ... et puis le tram ... d'époque ...

    

Nous avons également troqué pour un temps nos carrioles contre des luges : très efficaces dans les rues enneigées d'Irkoutsk ...

   

 et plus tard autour du lac Baïkal ...

Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Un cyclone ? Un nouveau système solaire ? Rien de tout ça, il s'agit de la surface gelée du lac Baïkal, 

      

      

sur laquelle nous marchons, non sans une certaine appréhension tout de même ... il faut dire que ça fait une drôle d'impression de marcher sur la plus grande réserve d'eau douce du monde. Les paysages sont grandioses, les montagnes se dessinent à l'horizon, si ça n'était le froid, nous resterions ici à contempler le paysage durant des heures, n'est-ce pas Jacques et Jeanne ?
 

     

Ensuite, direction le marché pour déguster la cuisine plus que locale, et flanner entre les échoppes dont les vendeuses se réchauffent les mains autour des ampoules éclairant leur stand. Le midi, il y aura dégustation du poisson local: l'omoul fumé! il a beaucoup de gout pour un habitant d'eau douce, rajoutera Chantal.

      

En conclusion, il est possible, même avec ces températures extrêmes, de profiter du grand air, encore faut-il être bien équipé ... et organisé ...

Avant:
      

Après: vive les "bibendums", à chacun le sien !
 

Cette étape à Irkoutsk aura également été l'occasion de deux rencontres particulièrement notables:

- Anton, propriétaire de notre auberge/hôtel: en arrivant la première nuit, nous découvrons au mur un poster, écrit en français, sur "l'Odysée Sibérienne" de Nicolas Vanier. Intrigués, nous le questionnons, il faut dire qu'au premier abord, Anton n'est pas vraiment d'un naturel très bavard, ni très avenant d'ailleurs ... (mais par la suite le contact s'est considérablement amélioré). Nous apprenons donc qu'il a participé à cette extraordinaire aventure réalisée par le musher français, il faisait partie de l'équipe qui ouvrait une piste en scooter des neiges afin que le traineau et les chiens puissent avancer plus aisément. Il nous proposera même de visionner le film de "l'Odysée Sibérienne", en français.

- Adam, jeune anglais de 18 ans, qui comme nous voyage en train, lui depuis l'Angleterre, et avec son thé "Twinings" ! Il a sonné à l'interphone, le 2ème matin, à 6 heures, fraîchement débarqué de son dernier train, pensant qu'il y avait une réception 24 heures sur 24. Jacques a assuré son accueil. Il a supporté notre horde d'enfants avec bravoure. Curieux hasard, nous avons quitté Irkoutsk par le même train, lui descendait à Oulan-Oudé (pour ensuite se rendre à Pékin), alors que nous allions faire halte quelques jours dans la capitale Mongole à Oulan-Bator. Nous nous retrouverons donc à Pékin.
Mais d'ici là, pour nous, c'est la découverte de la Mongolie qui nous attend ....

Caro

 

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Le transmongolien de Irkoutsk à Oulan Bator (2nde classe):

Adam, notre collocataire de l'auberge de jeunesse d'Irkoutsk, nous accompagne jusqu'à la gare en soiree. Le temps de faire dîner les enfants dans le hall surchauffé et le train nous attend déjà au quai n°1. A la porte d'un wagon, un provodnitsk nous accueille en baraguinant quelques mots d'anglais. Sa coéquipière est tout aussi souriante, ce qui est nouveau pour nous. Ce qui va aussi changer la donne, c'est que nos deux nouveaux anges gardiens vont nous attribuer une deuxième cabine pour nous répartir. Ce sera donc le tronçon le plus luxueux de ce voyage en train. Effectivement, nous sommes déjà en seconde classe car il n'y avait pas de platskartny dans ce train. Nous n'aurons toutefois pas trop de mal à occuper l'espace.

           

Devant la gare d'IRKOUTSK                                           Tableau d'affichage en cyrillique, notre train est le premier! 

Environ une demi heure après notre départ, voici que Adam réapparaît à notre porte. Notre jeune ami occupe la voiture suivante. Nous partageons notre dernier repas russe ensemble dans la cabine des patates Clabaut pendant que les enfants dorment dans la deuxième cabine ...

L'Oural, qui sépare l'Asie de l'Europe est déjà loin ... Ici, au fil des kilomètres les visages s'arrondissent, les cheveux et les yeux s'affinent et se foncent, les sourires commencent à se libérer et à se multiplier. Les fourrures disparaissent et les vêtements semblent moins épais, pourtant les températures sont toujours aussi basses... La neige est moins présente, les paysages sont plus plats...et les arbres bientôt absents... les pêcheurs s'activent dès l'aube sur les lacs gelés...

       

Un beau lever de soleil anime la cabine des Clabaut, pendant que les Steiner s'offrent une grasse matinée jusqu'à midi!

  

   

Nous traversons quelques villages de maisons en bois, et des mines de charbon, qui demeurent toujours aux abords de la ligne de chemin de fer. Nous croisons des trains qui transportent essentiellement du bois et nous admirons les fermiers qui protègent leurs troupeaux dans ces grands espaces arides par de telles températures.

        

           

A 14h10, le train devait s'arrêter 10 minutes d'après ce que nous avions compris du programme affiché dans le couloir....on repartira à 18 heures. C'était le passage de la frontière Russo-mongole. Comme il n'était pas facile d'y rentrer, on ne sort pas comme ça de la Russie: on remplit de nombreux papiers, on donne et redonne les passeports, on change de cabine pendant les fouilles, les chiens passent...heureusement, on est "OK" pour tout et grâce aux enfants, on arrive à leur décrocher quelques sourires...le seul petit inconvénient de cette pause prolongée et inopinée, c'est que les toilettes ferment lorsque le train est à l'arrêt!...il a donc fallu ruser de diverses manières, je vous laisse imaginer...

Le trajet étant court et plutôt sous le thème du repos et de la contemplation , je vous fais visiter le train:

    

 Cabine de quatre.                               Couloirs pour accéder aux cabines.      Wc et lavabo collectifs.

 

Chantal.    

 

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Cinquième escale: Oulan Bator du 24 au 28 Janvier

Capitale de la Mongolie, où vit la moitié de la population mongole, on arrive a Oulan Bator à 6 heures du matin. Le chauffeur du taxi qui nous amène chez Nassan (gérante, de notre auberge de jeunesse) nous annonce un "minus thirty"... le temps de compter sur nos doigts, on se regarde dans les yeux: - 30 °C!!!! Ahhhh, quand même...On se laisse donc guider jusqu'à notre hôtel, les enfants emmitoufflés dans leurs sacs de couchage sur nos genoux. Durant notre séjour, les températures ne montent guère au-dessus de -20°C. Oulan bator est aussi connue pour être la capitale la plus froide du monde. L'été, la température ne monte pas souvent au-dessus de +18 °C.

Le jour se lève peu à peu et nous sommes surpris par une musique répétitive composée de quelques notes seulement, venant de l'extérieur: c'est le camion poubelle qui passe et les enfants le réclameront chaque matin: il sillone notre quartier à 10h00! Bienvenue en Mongolie! Nous, les grands, on apprécie que le tri sélectif existe en Mongolie! ici, ce n'est pas Monsieur tout le monde qui trie ses propres ordures, mais des petites mains qui viennent s'agglutiner à l'arrière du camion pour la sélection de déchets. Ici, les femmes en bleu et jaune sur la photo qui suit.

          

Notre premier jour est consacré à la visite de la place centrale de la capitale où se situe entre autre la maison du gouvernement, sagement gardé par deux cavaliers d'acier.

Petit tour d'horizon de la place centrale Soukhe-Bator :
De loin...la maison du gouvernement.                                   De près, au centre du parlement.

               

Ce qui nous frappe dans cette ville, ce sont les contrastes : autant dans l'architecture que dans les personnages qui l'animent et dans les écritures qui se côtoient. En effet, le cyrillique fût imposé aux mongols lorsque le pays était encore sous l'emprise russe (vers les années 1950). C'est récemment que l'écriture mongole revient dans les textes et sur les enseignes. l n'est pas rare non plus de croiser des locaux en costumes traditionnels. Je vous laisse découvrir quelques images de la capitale:

  

 Immeuble en forme de voile,avec taudis en premier plan.     Temple boudhiste avec immeuble en arrière-plan

              

             Palais de la culture                                                       Jeux d'enfants devant building.

      

   Camionette pour livraisons à notre restaurant.                   Cheval et charette de fret dans les embouteillages                                                                                         de la capitale. Observez le talon aiguille de la monture!

                    

                                                                            Rues en ville

 

            

                                                                      Deux femmes à Oulan Bator.

   

 Vieilles enseignes.                                                          Pub moderne "let be Unique!".

              

         Déesse et lieu de culte en extérieur .                    Yourtes en pleine ville.

 

                                                        

                                                Vente de charbon.                    

            

Le Museum d'histoire naturelle (à gauche, au-dessus) que nous voulions visiter, mais nous étions sur un "day off" d'hiver. Nous irons donc au musée national de Mongolie (à droite au dessus), où tout était traduit en anglais. Ce qui nous a permis de comprendre pas mal de chose sur le pays. il y avait notamment toute une galerie sur les costumes traditionnels. Les photos étant interdites à l'intérieur, il n' y aura que notre mémoire pour les souvenirs.

Le premier jour, en allant vers la gare pour réserver la suite de notre voyage, nous traversons un petit marché très animé par toutes sortes d'individus, qui troquent leur marchandises..notre cortège coloré ne laisse pas indifférent.. D'abord, on nous observe..puis les enfants se voient rapidement offrir divers jus de fruits (goût carotte ou aloes) et bonbons en tout genre. Nous sommes gênés et finissons même par refuser deux billets de 5000 togrol (=2,50 €) ...Nous apprendrons plus tard par Nassan, notre hôte, que ces offrandes sont faites à la hauteur de ce que les personnes peuvent donner et qu'il n'est pas poli sde refuser.

 

   

Une de nos journées est également occupée à la rencontre d'une nouvelle culture : le bouddhisme et c'est une ribambelle de moulins à prière qui se déroulent à la force de nos petites et grandes mains... à l'intérieur du temple de Gandan khii, une déesse de 26 mètres de haut nous attendait paisiblement.

          

Cette journée était particulièrement froide, nos cils étaient collés par le givre
        

Nous mettons un moment à comprendre que ces dames, assises derrière un téléphone "fixe" et qui vendent quelques bonbons et des cigarettes, sont en fait de véritables cabines téléphoniques publiques.

                                                          

 

Une petite halte salvatrice dans un restaurant est l'occasion de découvrir le gâteau national : cela resemble à un énorme sablé, cuisiné au beurre rance. Les enfants adorent!

             

En Mongolie, beaucoup de personnes nous ont mis en garde contre les vols. Le gérant de ce restaurant ira même jusqu'à enfermer nos deux carrioles dans sa fourgonnette pour ne pas qu'on nous les dérobe durant le repas. Nous n'aurons cependant aucun soucis durant notre séjour.

Pour mieux comprendre la ville et sur les conseils de notre viel ami Galoupiot (cf escale à Moscou), nous prenons un peu de hauteur....toujours guidé par les petits foulards colorés, nous parvenons à trouver notre chemin. Le vent se lève et nous décidons de rentrer chez Nassan, où des bains chauds nous font le plus grand bien!

    

   

Vue d'ensemble avec le centre ville, reconnaissable          Ici, en lisière de la zone urbaine, les premières
 par la grande tour en forme de voile. Au loin, au pied       yourtes.
de la montagne, plus sombre, les bidonvilles.

Et un bon repas composé de Guulach(à gauche) et de buuz(à droite)...et de bonnes glaces artisanales en dessert!

            
 

                              
                                                 

A Oulan Bator, nous pensons avoir atteint les limites confortables de nos équipements!

Nous repartons de la gare centrale le 27 janvier.

    

Chantal.    

 

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Le transmogolien de Oulan Bator à Pekin, du 28 au 29 Janvier

Nous quittons Oulan Bator aussi tôt que nous y sommes arrivés, c'est à dire au lever du jour. Cette fois-ci, ce n'est pas la musique du camion poubelle qui nous réveille mais le bip-bip bien stressant de nos montres : vive les vacances !
Le frère de Nassan, aussi serviable que sa soeur, nous dépose à la gare ce qui nous évite de nous habiller trop chaudement et donc écourte le rituel de l'habillage. Une fois n'est pas coutume, l'installation dans notre compartiment se passe comme une lettre à la poste même avec notre chargement, et on commence à s'étonner de tant de facilité : les deux remorques ont trouvé leur place entre deux wagons.

Malgré l'étendue de la capitale que nous avons pu apprécier il y a deux jours, une dizaine de minutes suffisent à s'en extirper. le paysage laisse rapidement place à..... ben..... justement.......rien, un no man's land. Et pourtant ils sont là, quelque part, ces fiers Mongols qui bravent le climat. Déjà en France on a cette impression que nos lignes ferroviaires traversent des campagnes profondes où l'on se dit naïvement que personne n'y habite.

Mais là, l'immensité désertique nous glace littéralement le sang.

Cette vision nous inspire une profond respect pour ces hommes, ces "paysans", un terme injustement dépréciatif, qui résistent à l'appel de la ville et perpétuent le mode de vie nomade et l'élevage que pratiquaient leurs aïeuls. Regroupés en plusieurs familles, chacune possédant une yourte, ces hameaux semblent hors du temps et de l'espace. Depuis notre fenêtre, nous apercevons ça et là ces cavaliers, accompagnant leur troupeau de chevaux ou de Yacks. Plus étonnamment, on aperçoit à quelques reprises des chameaux et d'autres animaux que nous avons du mal à identifier. On aurait dit des antilopes, mais sans les cornes.

Dans la nuit, nous passons la frontière en à peine 5h, on en attendait pas moins des chinois. A leur décharge, outre les formalités douanières, il est nécessaire de changer les essieux du train car l'écartement des rails n'est pas le même entre les deux pays : bienvenue en Chine !!!
Le lendemain, le temps est toujours clair, pour notre plus grand bonheur. En effet, nous avons rendez-vous avec une grande dame. Plutôt timide au premier abord, elle se laisse apercevoir, sans qu'on arrive vraiment à croire ce que l'on voit. Mais petit à petit, les doutes s'envolent et la voilà plus majestueuse, sauvage, immense et pourtant née de la main de l'homme : la grande muraille de Chine. Longue de plus de 9000 km, plus d'un million d'âmes ont été nécessaire à sa construction...

           

Il est 9h du matin et ce spectacle réjouit petites et grandes patates mais également nos voisins de chambrée.
Nous n'avions pas encore trop pris le temps d'engager la conversation, et pourtant dans la soirée, leurs bras n'avaient cessé de happer nos enfants au passage alors qu'ils couraient à perdre haleine dans le couloir. Pendant quelques minutes, on pensait que les va-et-vient de nos hurluberlus finiraient peut-être par les agacer mais comme ils revenaient avec le sourire et des friandises, on a baissé notre garde de parents.

Ce matin, c'est au tour de Jean-Guillaume et Jacques de se faire carrément kidnapper. Deux mongols les prennent par la main pour les attirer dans un compartiment occupés par sept collègues de boulot en vacances, autant dire que ça sent le traquenard à plein nez. Leur curiosité avait pris le dessus sur leur timidité. Avec quelques mots d'anglais, des croquis, des mimiques et des pratiques sommes toutes internationales, la discussion devient rapidemment limpide. En effet,on se retrouve à lever tour à tour l'unique godet pour boire le pot de l'amitié. Un alcool à 55° (au moins côté microbe, on est tranquille), plutôt un ersatz de vodka, le genre qui vous scelle pour l'éternité une amitié vieille d'au moins ...... pfiouuuuu ...... 20 minutes !!!
Les femmes finissent par nous rejoindre pendant que les enfants.... s'autogèrent, on va dire. N'empêche qu'on se fait un plaisir à assouvir leur soif d'apprendre nos métiers, notre niveau de vie, le coût de la vie en France, les salaires, le chômage et, plus personnellement, nos motivations pour ce voyage qui ne finit pas d'étonner. De notre côté, on est de plus en plus convaincu que c'est aussi pour ces rencontres là que nous sommes parti
s.

   Voilà la fine équipe de ces homologues mongols d'EDF :       

NB : c'est Jeanne qui a pris la photo.... un petit miracle en soi pour le cadrage.

Forts de cette expérience alcolo-culturelle, nous avons débarqué en douceur, dans tous le sens du terme, sur le quai de la gare de Pékin. Ce début d'après-midi nous semble tout à fait printanier et c'est avec plaisir que nous enlevons quelques sous-couches de vêtement. Il fait bon (en apparence), aucune urgence de rejoindre l'auberge de jeunesse, bref une étape pékinoise qui s'annonce.... savoureuse.

Jacques

 

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Sixième escale : Pékin, du 29 Janvier au 3 février

Arrivée tranquille, on a du mal à sortir de la gare, on flâne sur le quai énorme, on hume ce nouvel air, le soleil brille et les enfants sont heureux de courir avec insouciance.
Quitter notre train, notre espace de vie, ne nous laisse jamais indifférent. On s'approprie si vite les lieux, les personnages deviennent si rapidement familiers que c'est toujours avec un pincement au coeur que nous laissons ce petit monde intime. Quitter un avion ne nous laisserait jamais la même nostalgie !

Passer le cap, c'est la fleur au fusil que nous sortons de ce magnifique bâtiment qu'est la gare de Pékin.

            

      La gare de Pékin                                                         L'attroupement autour des patates.

A peine le temps de tirer la traditionnelle photo souvenir que les premiers badauds s'approchent de nous... Intrigués, curieux, amusés, ils veulent également nous prendre en photos, dès fois qu'on soit connu. Après avoir accueilli tous les meilleurs sportifs et athlètes mondiaux, ils risquent d'être déçu. Sûrement l'effet mouton qui fait que tout attroupement a tendance à attirer encore plus de monde. Comme il n'est pas aisé de trouver le bon bus pour nous amener au plus près de notre auberge, on s'englue dans la foule, à tel point que les enfants commencent à se demander ce qui se passe. On finit par trouver notre "Huggy les bons tuyaux" qui nous escorte même dans le bus jusqu'à nous indiquer l'arrêt. Notre auberge se situe dans un quartier très vivant, où un commerce sur trois est un restaurant ou un bar. Le soir même, nous n'avons aucun mal à choisir un "gastos" qui semble attirer les pékinois trentenaires. Pourquoi pas nous ? Bon, les petites patates y mettront le "why" après avoir lutté avec leurs premières baguettes pour tenter de s'alimenter mais tout le monde s'est régalé. 

                         

                Le début des mets hauts en couleur.

Tout au long du séjour, Pékin nous déroute par son côté paparazzi. Capital de la Chine, on aurait jamais cru que nos quatre enfants dans leur deux carrioles y seraient autant la cible de photographes plus ou moins professionnels et discrêts.

Le lendemain de notre arrivée, nous pensons déjà à notre ultime étape qui doit nous mener à Hanoï, point de départ de notre parcours à vélo. Les forums de voyageurs consultés sur internet nous poussent à opter pour la solution économique. Ce sera donc le train jusqu'à Nanning, dernière ville importante avant le Vietnam, puis le bus pour passer la frontière. Nous nous rendons tous à la gare pour acheter les billets, encore une fois à l'aide d'un "Dumé" (en Corse, "un Dumé" se dit d'une personne toujours prête à vous aider, ndr).

Après une journée off pendant laquelle les patates vivent leur vie chacune de leur côté (bah oui ça mange pas de pain) on se retrouve pour le dîner. Allez, c'est décidé, demain on visitera la cité interdite. 

Ce sanctuaire vous donne le sentiment de devenir aussi petit qu'une fourmi au fur et à mesure que l'on franchit les différents édifices. On a beau ouvrir grands nos yeux, on ne sait plus où donner de la tête tant le spectacle est époustouflant.

       

   

  

En cette saison, les touristes ne se bousculent pas ce qui tend à agrandir encore plus l'espace et donne une ambiance assez froide. Du coup, on a du mal à s'imaginer l'animation de la cité au temps des Empereurs. Faut dire aussi qu'on s'est également fait surprendre par la caillante, alors qu'on avait enlevé un peu hâtivement quelques sous-couches de vêtements. On aurait dû se douter que c'était notre thermomètre interne qui déconnait puisque la veille, nous observions des centaines de pékinois s'adonner aux joies de la glisse sur les lacs gelés des parcs.

Le lendemain (le 2 février), nous pensons nous lever tôt pour aller fouler la grande muraille de Chine. Les sites les plus proches de Pékin se situent tout de même à 70 km, aussi il faut prévoir une bonne heure de bus depuis la gare routière. Mais nos petites patates sont plutôt fatiguées ce matin, alors tant pis, en parents responsables ;-) nous devons en tenir en compte, calmer le jeu, et nous faire plaisir, petits et grands. Allez, tous au zoo !!! Bien sûr c'est purement égoïste et contre-nature d'enfermer des animaux sauvages pour le plaisir des yeux mais on ne souhaite pas non plus que nos enfants restent en marge de leurs camarades et ne jouissent pas des mêmes plaisirs. 

Dans la réception de l'hôtel, Caroline et Chantal équipent les enfants alors que Jacques prépare les carrioles dans la rue. Et là, en un clignement de cils, Jeanne disparaît... Entre nous, il y a 5 mètres et une porte vitrée. Chantal perd de vue Jeanne pendant 3 secondes. Jacques, qui est de l'autre côté de la porte vitrée, ne remarque rien. Certes il avait la tête dans le coffre de la cariole mais pourtant il est sûr à 99% que Jeanne n'est pas passé dans son dos. Chantal lui demande où elle est. "Ben..... avec toi ?!".... Réponse de Chantal : "non ! C'est quoi ce mauvais délire ???" On appelle Jeanne dans la rue, dans les commerces alentours et on fouille l'hôtel avec l'aide du personnel en meuglant. Pas de réponse ni de trace de Jeanne. C'est à n'y rien comprendre. D'ailleurs on a du mal à imaginer comment des petites jambes de 3 ans peuvent aller plus loin que le périmètre que l'on vient d'écumer.... A quel mauvais scénario laisse place le 1% de doutes.....horreur...et si on l'avait kidnappé ??? On repart tous à la charge à travers les rues. Une voiture de police passe, on leur explique et elle repart à la recherche d'une petite fille habillée en orange. On se retrouve tous les quatre à la réception de l'hôtel. Les larmes ne sont pas loin. Bon, est-on vraiment sûr qu'elle n'est pas restée à l'intérieur ? A côté de la porte vitrée, on remarque un présentoir à revues plaqué contre le mur......ou presque.... Jacques décolle le meuble du mur et découvre Jeanne.... D'une voix timide et hésitante elle lui sort : "je suis cachée".....On la gronde mais les sentiments s'entremêlent. On a plutôt envie de la serrer fort dans nos bras....Il faut un petit moment pour que l'on s'en remette. On tire les conclusions de l'évènement mais pas sûr que Jeanne ait bien réalisé, à l'abri de sa cachette, quel vent de panique a soufflé sur les patates. Jeanne est déclarée grande gagnante de la partie de cache-cache !

La visite du zoo permet de se changer les idées. Marabout, flamant rose, singe, girafe, chameau, rhinocéros, hyppopotame, tigre, lion et pour finir par la star nationale : le panda. C'est vrai qu'il a vraiment l'air d'une peluche, avec sa manière nonchalante de se délecter des feuilles de bambou.

             

Nous avons vraiment apprécié ce séjour à Pékin, l'animation qui y règne de jour comme en soirée, et ce parfum d'Asie que nous respirons maintenant à plein nez.

                                        

                                        Pékin by night

Pour notre dernière journée, on se la joue tranquille. Ficelage des sacs pour libérer la chambre avant midi. Donc 11h58, on descend nos bagages dans le couloir. Chantal est envoyée en mission Courses, histoire d'assurer les repas et la logistique pour notre dernier trajet en train. Décollage prévu à 14h de l'hôtel pour un départ du train à 16h08, sachant que nous avons une heure de bus pour nous y rendre. 14h : pas de Chantal à l'horizon. Ca va, on habite quand même en Corse alors on ne s'excite pas. 14h15 : "euh... elle avait une montre Chantal ou pas ce matin ?"..... gloups. 14h35 : Chantal arrive essouflée.... OK, l'heure n'est pas à la panique : répartition des courses dans les différents sacs et on presse le pas. A la station de bus, celui-ci se fait attendre... Ouf, il arrive, ouvre ses portes,et m... pas de place pour nous....Restons, zen.... Le suivant arrive, même topo....Alors là, il commence à y avoir le feu sous les patates... Si le prochain bus est blindé, on se jette sur les deux premiers taxis.... Le bus arrive, on fait le forcing avec nos deux carrioles malgré quelques regards plutôt froids ; peu importe, le timing est serré mais jouable. 15h50, le bus nous débarque à la gare mais de l'autre côté du boulevard. Commence une folle poursuite contre la montre. On saute du bus, on lance des pouet-pouets à tout va , on se rue dans l'escalator, on traverse le pont, on redescend. Il y a des files d'attente de partout et des contrôles de bagages aux rayons X. On aurait pû baisser les bras dix fois mais les patates douces sont plutôt dur à cuire. On court comme des dératés en évitant de justesse les gens. On voit à peine où aller, on montre lnos billets de train et on suit la direction indiquées par les gens. 16h05 : on est au pied de notre wagon. On balance tout comme on peut, enfin, quand on dit"tout", on parle des bagages bien sûr, pas des enfants. Et pour finir, on bat notre record de pliage de carriole en 23 secondes. Il nous faut un petit moment pour reprendre notre souffle après ces 15 minutes de sprint. Nous nous félicitons mutuellement de ne pas avoir raté notre huitième et dernier train.
Moralité : toujours y croire, même quand c'est impossible.

Jacques 

 

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Descente plein Sud: Nanning (près de la frontière vietnamienne), du 3 au 6 février

Après cette étape de quelques jours à Pékin, qui nous a permis d'avoir un premier aperçu de ce vaste pays-fourmilière dont nous n'avions que des a priori, nous mettons cap au Sud pour une seconde ville chinoise située à proximité de la frontière avec le Vietnam : Nanning.
Nous aurions pu prendre un train direct entre Pékin et Hanoï mais, après quelques recherches, nous nous sommes rendus compte que les billets internationaux pour les touristes ne sont vendus que par des agences de voyage, à des prix exorbitants. En fouinant un peu, la solution Pékin-Nanning en train, puis Nanning-Hanoï en bus s'avère 3 fois moins chère !

C'est en catégorie "hard-sleepers" (couchettes dures) que nous nous dirigeons vers les tropiques. Les hard-sleepers sont un peu comme la platskartny du transsibérien : toutes les couchettes ouvertes sur le couloir du wagon, la classe la plus populaire et donc la plus conviviale.

Lorsque le train démarre, nous reprenons encore notre souffle après cette magnifique course de carriole au travers la gare de Pékin qui est à l'image de la ville : grande, très grande !
Nous nous rendons alors compte que des dizaines de paires d'yeux bridés observent ces drôles d'occidentaux chargés comme des mulets.
A peine le temps de ranger nos affaires et de nous installer, que le ballet des photographes démarre. Nos stars en culottes courtes passent alors de bras en bras pour la photo souvenir. Leurs fans les plus fidèles étant le personnel du train qui leur prête tour à tour casquettes de service ou charriot de nourriture.

  

  

Beaucoup de jeunes sont très heureux de discuter avec des étrangers et nous avouent trouver très charmant notre pâleur et nos grands nez ... Une jeune chinoise dira même à Jean-Guillaume : "your nose is beautiful ...", incensé !!!!

Ce voyage de trente heures nous permet d'observer l'évolution du paysage et du climat. Les rizières labourées par les buffles apparaissent progressivement et le froid semble bientôt n'être plus qu'un souvenir, nous n'osons y croire.
Et pourtant, lorsque l'on sort du train à Nanning, c'est bien une douce et agréable température qui nous attend : quel bonheur, adieu doudounes et damarts !!!

Nanning sera pour nous l'occasion de découvrir une Chine correspondant un peu plus à l'idée que nous nous en faisions : populaire, grouillante de petits vendeurs et à la circulation des deux roues totalement anarchique. On perçoit l'Asie du Sud-Est arriver à nous !!

Vendeur de bananes à vélo :    

Vendeuse de bananes en sampan :
  

Les filles intriguées devant ces drôles de poissons tout secs:

Vendeuse de cigarettes et de tabac :

Des tricycles capables de transporter passagers comme frigidaire :

  

Et des regroupements de joueurs acharnés un peu partout dans les rues :

  

Après cette courte escale nous sommes sur le point d'arriver à notre destination finale, Hanoï,  le 6 février 2010, soit 1 mois aprés notre départ.


Zanguy

 

 

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Nanning - Hanoï : passage de la frontière vietnamienne le 6 février

Réveil matinal pour la ribambelle de patates, direction l'arrêt de bus. Un magnifique bus nous récupère à 7h30 pétantes. celui-ci, à peine rempli, nous permet d'occuper autant de sièges que nous le voulons et nous ne nous en privons pas, sieste des enfants oblige ...

 

Tout se déroule pour le mieux, nos enfants sont à l'aise comme d'habitude : train, bus, quelle importance, les copains et parents sont là et en plus on leur donne des bonbons à gogo (merci les autres passagers).

Devant nous défilent des paysages magnifiques, nous trépignons d'impatience d'aller enfin pédaler au milieu de ces rizières et de ces pains de sucre couverts de végétation.
   

Escale tropicale pour le repas:

Après le repas, les choses se compliquent. Le bus s'arrête et notre charmante hôtesse nous informe qu'il faut rassembler nos affaires car nous allons changer de véhicule dans 5 minutes ... heu mais il nous faut au moins une heure en temps normal pour plier bagages, et là on s'était bien étalé. OK, action : on compte les petites voitures, les livres, les paires de chaussures des enfants qui gambadaient en chaussettes, on jette le tout dans un sac et on saute dans un minibus beaucoup plus aéré :

Les hommes se démènent pour caser tout notre barda, sortent les sangles pour tout harnacher, s'imaginant poursuivre les 4 dernières heures estimées de trajet dans cette embarcation de fortune. Après un bon coup de chaud, tout est solidement attaché et toute l'équipe embarque pour ... seulement 2 minutes de route !
Premier arrêt, le poste frontière chinois. Nous déchargeons bagages et enfants, entrons dans un bâtiment avec une multitude d'autres touristes, remplissons l'habituelle paperasse, passons un à un tous nos bagages au rayon X, et ressortons pour retrouver un 2ème minibus. Cette fois nous gagnons du temps et de l'énergie, n'attachons plus aucun bagage car nous avons compris qu'une fois encore nous n'allions pas rester longtemps dans le minibus et effectivement, 2ème poste frontière : le Vietnam est au bout de ce nouveau bâtiment. Même schéma que pour la sortie de Chine, paperasse, rayons X, et tout le tralala. Nous passons avec brio cette nouvelle étape et entrons comme prévu au Vietnam le 6 février.
Nouvelle ballade en minibus pour nous conduire enfin jusqu'à notre nouveau bus, ah tiens ça n'est plus le même bus, ni les mêmes passagers d'ailleurs. Après nous être assuré que ce nouveau bus nous emmenait bien à Hanoï, nous poursuivons sereinement notre route.

Arrivée à Hanoï, ouahh le choc ! La circulation, le bruit, la chaleur, la moiteur, tout nous tombe dessus, il faut dire que nous resterons un certain temps sur le trottoir pour trouver un taxi acceptant d'embarquer l'équipe au complet avec sa logistique. Pendant que Jacques et Jean-Guillaume courent d'un taxi à l'autre, Chantal et Caro tentent de canaliser les petites troupes ... cette tâche sera facilitée par l'accueil que nous fait une famille devant chez qui nous avons entassé bagages et carrioles en sortant du bus et qui, loin de s'en offenser, a sorti pour nos enfants, petits tabourets et confiseries.

Après une heure et demi de recherches et négociations, nous embarquons dans un seul taxi (alors que 3 nous étaient recommandés) qui nous conduit vers l'hôtel où nous passerons les prochains jours. Ces journées seront déterminantes puisque nous devons enfin récupérer nos vélos, commandés depuis la France auprès d'un vélociste local qui devait les importer de Thaïlande ... bon effectivement dès le début on aurait dû se douter que ça n'allait pas être si simple !


Caro

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Dernière escale et arrivée : Hanoï, du 6 au 12 février

Nous osons à peine croire que cette longue traversée en train de l'Europe et de l'Asie est terminée.
Brest-Hanoï et Cannes-Hanoï ! Il y a encore quelques mois cela n'était qu'un doux rêve et c'est maintenant devenu une réalité.
Nous sommes assez fiers de ce périple car il s'est déroulé sans aucun problème malgré le casse-tête des visas (5 visas différents, multipliés par 8 passeports) et surtout malgré la traversée de la Sibérie en plein hiver. Nous avons appris en plus qu'il sagissait d'un hiver très rigoureux dont les températures n'avaient pas été atteintes depuis plusieurs décennies.

Programme de cette escale à Hanoï:
- prendre nos visas laotiens,
- récupérer nos colis de matériel envoyés depuis la France avant notre départ,
- acheter nos vélos,
- acheter ce qui nous manque pour notre périple à vélo.

Sur le papier cela semble très simple mais il nous faudra 6 journées marathon et des nerfs d'acier pour faire tout cela.

Visas laotiens, on ne comprend toujours pas mais ça n'est pas grâve ...
Arrivés à l'ambassade laotienne on se rend compte que l'on ne peut pas traverser la frontière là où on l'avait prévu initialement, mais plus au Nord à Dien Bien Phu, soit quelques centaines de kilomètres plus loin. Ok ! Un itinéraire ça se modifie ...
Le brave employé de l'ambassade nous fait bien comprendre que le visa n'est valable que 30 jours. Nous le demandons donc à partir du jour d'expiration de notre visa vietnamien, histoire d'avoir le temps d'atteindre la frontière.
Le lendemain, après être allé récupérer nos visas laotiens, Jacques nous annonce deux nouvelles: une mauvaise et une bonne. La mauvaise est que nos visas courent à partir ... d'aujourd'hui, c'est-à-dire beaucoup trop tôt ! Et la bonne est qu'ils sont valables deux mois ... du coup c'est encore mieux que ce que nous imaginions !

Récupération des colis, ou les arcanes administratives vietnamiennes ...
Avant de partir, nous avions expédié à notre partenaire local, Vietnam Aventure, trois colis de matériel essentiel à notre voyage à vélo (remorques à bagages, porte-bagages, sacoches, etc ...).
Jusqu'à notre arrivée sur Hanoï, nous n'avions eu des nouvelles que du premier colis dont nous savions qu'il avait été bloqué en douane car considéré par celle-ci comme de l'importation illégale. Xuan, notre correspondante de Vietnam Aventure avait fini par débloquer provisoirement la situation, mais en prévenant Jean-Guillaume qu'il faudrait fournir à notre arrivée copie de son passeport et de son visa vietnamien ainsi qu'une lettre certifiant sur l'honneur qu'il s'agissait de matériel personnel. Ouf, une première remorque à bagages est arrivée ! 
Le premier jour de notre rencontre avec Xuan, elle nous annonce n'avoir reçu qu'un seul avis de passage pour les deux colis restants sans savoir duquel des deux il s'agit. Après deux heures d'attente à la poste centrale, où nous allons de bureau en bureau, nous finissons par récupérer le colis que Jacques avait expédié. Ouf-ouf, la deuxième remorque à bagages est arrivée ! 
Reste le troisième colis contenant également du matériel important. Il faudra attendre trois jours pour le récupérer !

Achat des vélos, ou la dynastie des "ung" ...
Avant de partir nous avions contacté Mr Hung, distributeur officiel au Vietnam d'une marque de VTT Thaïlandais ayant l'air de très bonne qualité. Bien qu'ayant échangé un nombre incalculable d'e-mails avec celui-ci par l'intermédiaire de Xuan, nous ne sommes pas certains que les bons vélos aient été commandés et encore moins qu'ils nous attendent au magasin pour notre arrivée à Hanoï. Ca n'y coupera pas, les vélos ne sont pas là : ils sont bloqués en douane. En pleine période de Têt (nouvel an vietnamien), cela veut donc dire pour un délai indéterminé. Nous laissons donc tomber Mr Hung.
Nous nous rendons alors dans le magasin de Mr Tung qui possède le plus grand choix de vélos d'Hanoï. Ce dernier nous propose des VTT de marque Taïwanaise que nous ne connaissons absolument pas. Nous gardons cette piste sous le coude.
Nous contactons maintenant Mr Dung, organisant des voyages à vélo au Vietnam. Celui-ci nous assure pouvoir nous obtenir des vélos de marque TREK (enfin une marque connue !) de très bonne qualitée, mais d'occasion.
Nous le suivons alors pour nous rendre chez Mr Trung qui est le propriétaire de ces vélos et qui les loue à différentes sociétés organisant des voyages à vélo.

Après d'âpres négociations, c'est Mr Trung qui remportera le marché en nous fournissant 4 superbes VTT TREK ...
Une chose est sûre, les frères "ung" nous ont épuisé !!!

Analyse approfondie des vélos de Mr Hung par nos deux experts:
 

Test des vélos de Mr Hung par nos deux pilotes d'essai:

Affaire conclue avec Mr Trung :
  

 

Achats avant le départ, ou les subtilités de la mondialisation ...
Pleins de bonnes intentions, nous nous étions dits avant de partir qu'il était absurde d'acheter en France des vêtements et articles de sport qui, de toutes façons, sont fabriqués en Asie et notamment au Vietnam. Autant leur éviter le transport en les achetant directement sur place.
Oui mais c'était sans compter sur la logique implacable d'une économie mondiale. Ceux qui produisent ne sont pas ceux qui consomment, et donc ce qui est produit n'est pas vendu dans son pays d'origine. Elémentaire loi de l'offre et de la demande ...
Donc sur Hanoï il est impossible de trouver sacs étanches ou sandales en 45 pour Jacques ...
Ceux-ci seront remplacés par ... des sacs Ikea (ahhh, mondialisation que tu es compliquée !!!) et par les vieilles claquettes de beauf (dixit Chantal) que Jacques avait promis d'abandonner à Hanoï.

 

Cette escale à Hanoï sera aussi l'occasion de promenades nocturnes autour du lac superbement illuminé de centaines de lampions à l'occasion du Têt:

De goûter les plats traditionels du Têt chez Xuan (encore un grand merci à toi pour tout ce que tu as fait pour nous Xuan !):

 

De ressemeler les baskets de Jean-Guillaume:

Et pour Jacques et Jean-Guillaume de découvrir la pipe à eau que tous les hommes fument dans la rue (promis, il n'y a que du tabac et heureusement !):
  

 

Toutes ces démarches effectuées nous nous dirigeons maintenant vers La Ferme du Colvert, notre second partenaire vietnamien, qui nous offre 4 jours de repos à 40kms d'Hanoi dans son havre de paix.
Nous comptons bien profiter de ces journées pour regonfler nos batteries et pour préparer nos vélos.

 

Zanguy