Troisième partie, du 4 mars au 3 avril 2010.
De Dien Bien Phu au pont de l'Amitié (est de Vientiane).

 

De Dien Bien Phu (Vietnam) à Luang Prabang (Laos), du 4 au 14 mars 2010 

Nous quittons notre hôtel de Dien Bien Phu le jour du mariage de la fille des propriétaires, ambiance de fête depuis 2 jours, des décorations partout et bien sûr une belle mariée !

Notre dernier colis (ravitaillement en médicaments), envoyé par la mère de Caro, et qui aurait dû nous parvenir lors de notre semaine sur Hanoï, vient d'arriver par bus express ce matin ! Son heure d'arrivée détermine notre heure de départ pour, ce qui devrait être, notre dernière journée au Vietnam, mais c'est pas gagné !
En effet, entre Dien Bien Phu et la frontière, il faut compter environ 35 km, dont une bonne moitié de montée, ensuite un temps de passage de frontière toujours aléatoire et, après, une autre trentaine de kilomètres avant la première Guest House (précieuse information fournie par André, notre jeune retraité cycliste-baroudeur croisé du côté de Son La).  Bref, plus de 60 bornes avec un col et une frontière à franchir : une très, voire trop, grosse journée pour nous. Heureusement, Jean-Guillaume, en récupérant notre colis, a réussi, avec son habituel baratin, à nous dégotter un plan pour dormir à la frontière dans la maison des douaniers, juste au col : impeccable !
Oui mais voilà, le temps de récupérer le fameux colis puis de plier bagages et de charger les troupes, nous décollons assez tardivement ... mais sereins, nous avons un point de chute pour ce soir, même si nous y arrivons tard. Nous sommes en route depuis quelques minutes à peine quand le "contact" de Jean-Guillaume nous appelle ... nouveau revirement de situation, on n'a pas vraiment compris pourquoi mais a priori les officiers seront ce soir au poste frontière donc plus possible d'y dormir ... Bon ok, faut trouver un plan B : on avance et on verra bien.
Nous traversons de véritables "champs" de rizières, c'est assez différent des rizières en restanque que nous avions l'habitude de voir jusqu'à présent, et plus reposant pour les mollets, nous filons vers la frontière, enfin si les zébus veulent bien nous libérer la route !

 


A 15h, nous nous apprêtons à débuter l'ascension du col : devant nous, 18 km de montée, sachant que, compte tenu de notre chargement, notre vitesse de progression en montée avoisine les 5/6 km par heure, nous estimons donc à 3 heures, au mieux, notre arrivée à la frontière ... et à la frontale ! En parents responsables, nous faisons demi-tour pour nous arrêter au dernier village que nous avions traversé et demander à dormir chez l'habitant. Nous sommes accueillis par Chong, Vô et leurs enfants, une charmante famille, dans leur maison en torchis.

Séance lavage de mains devant notre "gîte"

Autour, c'est la véritable ménagerie : poules, coqs, cochons et porcelets, chiots, chats, et buffles. Un petit paradis pour nos enfants, un enchantement pour les parents qui se régalent de cette nouvelle rencontre authentique, simple et forte à la fois.

Notre famille d'accueil :

Notre installation pour la nuit : 
(notons que Jacques, trop heureux d'avoir enfin trouvé des sandales à sa taille, ne les quitte plus)

    

Le lendemain, réveil matinal, 6h15, pour essayer de partir tôt et monter à la fraîche. Mais, les enfants ne veulent plus quitter leurs nouveaux copains les animaux, d'autant plus qu'une truie a mis bas pendant la nuit : ils sont en extase devant les huit minuscules porcelets.

S'en suit la longue séance des aurevoirs avec nos hôtes. Bref, 9h30 nous démarrons. Notre estimation était bonne et c'est après plus de 3h30 de montée que nous atteignons le poste frontière vietnamien où nous aurions dû dormir la veille.

Nous ne sommes pas les seuls à peiner dans les montées :


Passage de frontière rapide et sans histoire. Bye-bye Vietnam ! Merci pour tout et on se revoit dans huit mois !

 

Seul hic, il est largement l'heure de manger, nous avions prévu de nous arrêter pour déjeuner dans la ville de Tay Trang, indiquée régulièrement sur les bornes kilométriques, mais telle une ville fantôme, nous ne l'avons jamais trouvée ! Nous commencions à envisager un frugal repas de fruits-biscuits (notre sécu pour les coups durs et pour calmer les fringales des petites troupes) quand, juste après le passage de la frontière, un bouiboui portant le pompeux nom de restaurant, avec toit et murs en .... bâche bleue, nous ouvre ses portes et régale nos papilles affâmées après l'effort physique fourni.
Nous reprenons la route, rassasiés, direction le poste frontière du Laos, que nous apercevons au bout de quelques kilomètres. Là encore ce passage se fait sans problème, nos enfants assurant la distraction de douaniers peu zélés.

Adieu beau revêtement fraîchement macadamé, nos premiers tours de pédales laotiens sont synonymes de pistes en terre et en pleins travaux. A peine quelques mètres et nous nous retrouvons face à une barrière, son gardien nous indiquant qu'il faut attendre 16 heures pour sa réouverture.

Il est moins 10, allez soit ! Après un bon quart d'heure, le garde-barrière nous laisse passer et c'est sur une piste même pas dâmée que nous nous engageons. 

Pour Chantal, cette piste sera aussi marquée par son premier soleil. En sortie de virage, elle a dû modifier sa trajectoire pour éviter une moto mais le poids de son chargement l'ayant déséquilibréé, elle a fini par sauter par-dessus son guidon, sous les applaudissements de Jacques, épâté par la cascade de sa Douce.
Nous arrivons dans notre premier village laotien, Gnot-Houayyeuy, où nous demandons un logement car la nuit arrive. C'est dans l'une des deux salles de classe que nous passerons la nuit sous les regards médusés et amusés de tous les enfants du village et de leurs parents aussi, qui défileront devant nos fenêtres toute la soirée.

Notre "première" école:

Une personne nous fournit une natte pour dormir, une autre de l'eau chaude pour nos nouilles chinoises et notre squatt de la nuit s'organise : nous ne pensions pas que notre première "intervention" dans une école se ferait de cette façon là !! Hasard de calendrier, nous sommes vendredi et donc demain l'école est fermée, notre véritable première intervention dans une école n'est toujours pas pour maintenant.

Nous prenons rapidement nos aises, à la lueur de la bougie.

Et sous haute surveillance,
   

Nous sommes réveillés par les premiers enfants qui passent leur tête pour observer ces curieux spécimens de touristes. Cela ne facilite pas les choses quand l'envie matinale de faire pipi commence à se faire sentir... C'est la rançon du succès !


Nos enfants se sont faits de nombreux copains, les filles ont pris des cours de dressage d'animaux ... les cochons n'ont qu'à bien se tenir, elles les mènent à la baguette.

Nous reprenons la route, ou plutôt la piste, heureux car les bulldozers semblent être de repos pour le week-end !
De généreux ouvriers nous ouvrent les portes de leur cabane de chantier et nous invitent à partager leur repas de midi. Une fois encore, nous constituons l'attraction digestive pour la dizaine d'ouvriers. 
Un peu après 13 heures, nous repartons dans le but d'atteindre la Guest House indiquée par André. Mais voilà, les bulldozers n'étaient pas au repos, ils étaient juste un peu plus loin en train de démolir la montagne et de faire tomber d'énormes blocs de rochers sur la route que nous devinons en-dessous. Et là, même refrain, le garde d'une barrière, virtuelle cette fois, nous indique que la route ne réouvrira qu'à 16 heures !! Soit dans plus de deux heures !! Repos forcé pour les Patates !

Finalement, c'est même à 17 heures que nous pourrons remonter sur nos montures pour une nouvelle session de tout-terrain ...


Ces kilomètres de piste fraichement creusée sont terriblement poussiéreux. Les vélos, les sacs et les carrioles deviennent uniformément marron. Heureusement que ces dernières, une fois correctement fermées, sont bien hermétiques et protègent ainsi nos enfants. 

Puis, la piste devient plus praticable et nous longeons au coucher de soleil une jolie rivière bordée de petits villages, les enfants dorment dans les carrioles, doux moments de sérennité, assez rares avouons-le !

 

A 18 heures nous atteignons notre hôtel, accompagnés par une ribambelle d'enfants.

Le lendemain, nous décrétons une journée off. Au programme, visite du village de Namnga, bain de siège dans la rivière, et nettoyage du matériel qui a donc un peu pris la poussière !

  

Heureuse coïncidence, un spectacle de danse et costûmes traditionnels a lieu ce soir à l'école du village.

   

Aujourd'hui est un grand jour, nous sommes le 8 mars, c'est la journée de la Femme, et c'est surtout l'anniversaire de Chantal ! En guise de cadeau, Chantal aura droit, comme nous tous, à une véritable journée marathon. En effet, compte tenu des zones de travaux sur la piste et donc de sa fermeture à certaines heures de la journée, notre cycle de pédalage va devoir être modifié. D'une manière générale, depuis maintenant presque 1 mois que nous pédalons, nous décollons le matin vers 9h30 pour nous arrêter vers 11h30 et faire une pause déjeuner aux heures les plus chaudes de la journée. Nous reprenons vers 13h30, pour finir notre journée de pédalage aux alentours de 16 heures, plus ou moins une heure, voire deux, si nous devons impérativement atteindre un lieu donné. Seulement, nous avons appris que 10 km après Namnga se trouvait une première zone de travaux qu'il n'est possible de traverser qu'à partir de 11 heures puis une seconde zone ouverte à la circulation entre midi et 14 heures. Nous décidons de partir tôt afin d'enchaîner les deux zones de travaux avant leur fermeture. Nous achetons riz gluant, saucisses et mandarines et en route pour Mouang Khoa. Sur notre carte, la piste que nous devons suivre semble longer la rivière ce qui en général est signe de "pas trop de dénivelé", en général donc. Mais en fait, ça grimpe, doucement mais sûrement !
10h30, nous arrivons sur la première zone de travaux un peu avant l'heure supposée d'ouverture, impeccable. Nous déjeunons.


Mais les ouvriers ne respectent pas les horaires et ça n'est pas à 11 heures mais un peu après midi que la piste réouvre enfin !

Nous attendons la réouverture de la piste :


Deux heures pour parcourir les 10 km avant la zone suivante : facile surtout qu'on doit longer une rivière.
En fait, on ne suit pas du tout une rivière et la piste s'élève nettement, il fait un soleil de plomb, la poussière soulevée par les autres véhicules nous pique aux yeux. Chantal, prévoyante avait la veille investit dans un masque.

Joyeux anniversaire Chantal ! Encore un anniversaire inoubliable !


Allez, je l'avoue pour la première fois depuis le début de ce périple, je, (Caroline), me suis demandée ce que je faisais là, alors que je pourrais être tranquillement installée sur mon canapé à regarder "Les Feux de l'Amour" !! Bon, ok là j'exagère mais cette course contre la montre pour arriver avant la fermeture de l'autre route est véritablement éprouvante, heureusement elle se soldera par un succès ! Enfin, avec un peu de forcing auprès des conducteurs d'engin qui venaient de reprendre le boulot. En arrivant devant la zone de travaux, nous découvrons à notre grand désespoir qu'ils viennent de reprendre et sont en train de recouvrir la piste de tonnes de terre, rochers et arbres ... plus aucun véhicule ne peut passer essaie-t-on de nous dire. Mais ça c'était sans compter sur notre détermination décuplée par notre course-marathon que nous refusons de se voir solder par un échec ... tant d'efforts pour au final, à 5 ou 10 minutes près, devoir attendre plusieurs heures la réouverture de cette maudite piste : pas question ! Nous faisons le forcing auprès du premier conducteur de bulldozer pour lui faire comprendre que nous sommes à vélo et que oui, ça peut passer !! Il nous dit qu'il faut voir avec le deuxième bull, ok, Jean-Guillaume part en courant jusqu'en contrebas du deuxième engin et obtient le feu vert du deuxième conducteur ... reste le troisième mais tant pis, on y va et une fois sur le chemin ils devront bien nous laisser passer !  Allez on fonce, on se met à 2 par vélo + chargement pour pousser ou porter et passer par dessus les gros blocs de rochers. Le troisième engin s'est arrêté pour nous laisser passer et c'est sous le regard subjugué des ouvriers postés à la sortie du chantier, que nous déboulons, rouges comme des écrevisses après l'effort fourni, mais le sourire jusqu'aux oreilles et fiers comme des coqs d'être passés.

Là, c'était la partie facile, pas le temps de prendre des photos dans le feu de l'action !
Bon fallait bien qu'il y ait des compensations, journée de la femme et d'anniversaire obligent, je ne pousse pas mon vélo !

Les parents se remettent de ce dernier effort pendant que les enfants prennent des cours de pilotage sur engin de chantier et inspectent le matériel.

 

Nous repartons sur une piste superbement dâmée, confiants : nous allons atteindre Mouang Khoa ....

 

mais sommes arrêtés par une nouvelle zone de chantier ... ah, on ne nous l'avait pas indiqué celle-là ! Mais les guides et touristes danois des 6 énormes 4x4 coincés depuis plus de 2 heures ne s'y attendaient pas non plus.
Nous avons une petite heure d'attente que Jean-Guillaume met à profit pour peaufiner ses tours de magie auprès des nombreux enfants spectateurs du village voisin.

 

Enfin, nous reprenons la dernière partie de route pour arriver à la tombée de la nuit. Sur cette portion de piste, nous longeons effectivement la rivière, sur laquelle nous assistons d'ailleurs à un nouveau splendide coucher de soleil.

Juste avant d'arriver à Muang Khoua, passage d'un guêt un peu arrosé, un avant-goût de saison des pluies !

Pour célébrer notre deuxième mois de voyage à 8, nous nous offrons une nouvelle journée de repos ... et (re)nettoyage du matériel et des équipes après ces kilomètres de piste. Nous en profitons également pour préparer notre étape suivante qui, une fois n'est pas coutume, sera une étape fluviale puisque nous avons décidé de descendre la Nam Ou en bateau.

Le 10 mars, nous embarquons comme prévu dans un bateau pour descendre la Nam Ou.
La veille, on nous avait indiqué qu'il était préférable de constituer un groupe de 10 personnes pour être sûrs d'embarquer. Finalement, nous serons 19 passagers plus le Capitaine et son Mousse, un nombre incalculable de bagages en tous genres, un chat sans poil dans sa superbe cage, et 5 vélos.

    


Oui, oui, vous avez bien lu, 5 vélos car nous avons fait la connaissance de Matt, allemand en vadrouille pour 3 mois dans cette région du monde qu'il sillonne sur son vélo sans dérailleur. Un bon déjanté comme on les aime, tatoué de partout (ce qui occupera Cylia pendant un long moment, appliquée à regarder tous les tatouages de notre nouvel ami: il a 34 fourmis tatouées et veut s'en faire tatouer d'autres pour en avoir au total 1001 ! ).

Les paysages qui défilent devant nous sont magnifiques et totalement préservés.

Les zébus, buffles et cochons sont vautrés sur les rives de la rivière pour la plus grande joie des enfants.

Après plusieurs heures de navigation, nous faisons escale dans le village de Muang Ngoi et le bateau se vide de tous ses passagers, c'est donc entre Patates que nous terminons ce trajet sur la superbe Nam Ou pour arriver au village de Nong Khiaw où nous passons la nuit.

Nous passons la nuit dans une très sympathique Guest House (Lin Tong Guest House) tenue par un petit bout de femme adorable, qui le soir, dehors, au coin d'un feu, nous fera déguster des algues séchées.

En redémarrant le lendemain, nous faisons la rencontre d'un couple de retraités américains qui voyagent chaque année 3 mois à vélo depuis pas moins de 35 ans ... Voilà qui donne des idées !
Notre journée de vélo est un régal, nous alternons légères montées et douces descentes, et avalons les kilomètres.
Chaque sortie d'école, nous sommes convoyés par une escorte d'enfants à vélo ou à pied. Et, chaque arrêt près d'une école donne lieu à de véritables bains de foule pour nos stars en culottes courtes : trouvez les drapeaux rouges et vous localiserez nos enfants !   

   

Le soir, nouvelle Guest House où nous faisons la connaissance de Alon, jeune israélien en vadrouille à vélo pour une période indéterminée, et après le traditionnel échange de bons tuyaux, et une bonne nuit de sommeil, nous avons repris notre route, lui vers le nord, nous vers le sud et Luang Prabang, à une centaine de kilomètres.

Le lendemain, mêmes conditions de route, idéales pour le vélo. Nous retrouvons la rivière Nam Ou que nous longeons toute la journée. Nous faisons un arrêt auprès d'une jeune tisseuse,

puis auprès de deux jeunes chasseurs de serpent, rassurez-vous il ne s'agit que d'une couleuvre.

Après un peu plus de 50 km, nous décidons de nous arrêter dans un village en bord de rivière, nous demandons à un groupe de personnes si nous pouvons dormir quelque part dans les environs, on nous indique la maison d'en face, où une nouvelle famille, Theu, le mari, et Touille, sa femme (ça ne s'invente pas ;o)) nous ouvrent leur porte.
Nous profitons de la proximité de la rivière pour prendre ce bain tant attendu depuis notre descente sur la Nam Ou où la météo un peu grise nous avait privé de ce plaisir ... nous nous sommes bien rattrapés, à commencer par les enfants ... heu désolés ici le maillot de bain n'est pas de rigueur !

 

La rivière ... lieu de vie ... scènes de vie :  

  

Un pêcheur allant mettre en place ses filets 

 Une dame venue nettoyer son riz, avant de se laver elle-même.

Et, les enfants, qui comme sur toutes les plages du monde, construisent des châteaux de sable.

Nous redémarrons le lendemain avec ce même petit regret qui nous assaille chaque fois que nous dormons chez l'habitant : pourquoi ne pas y rester plus longtemps ? Partager plusieurs jours durant, la vie simple de ces personnes qui nous ont si spontanément ouvert leur maison, voilà un désir qui grandit en nous depuis quelques temps ... De même que grandit notre envie d'aller passer quelques jours dans une école (ce que faute de temps et d'autorisation nous n'avons pu faire au Vietnam), nous allons donc prochainement y remédier !
Mais pour le moment, direction Luang Prabang où nous devons rejoindre Séb & Nico, en vacances 1 mois au Laos et avec qui nous devrions passer les prochains jours.

La circulation s'intensifie un peu à l'approche de la ville, malgré tout, nous nous sentons vraiment en sécurité sur la route, bien plus qu'en France ! Surtout que notre équipage attise la curiosité et fait ralentir tous les véhicules ! La pause déjeuner se fait dans un cadre idyllique, en bordure de rivière, sous une paillotte. Un petit singe en cage, et des poules en liberté occupent les enfants pendant que les parents savourent leur tranquillité et décident de classer cette pause dans le "Top 10" des pauses-déjeuners ! Un petit bain digestif et nous repartons regonflés à bloc pour avaler les derniers kilomètres qui nous séparent de l'ancienne capitale royale du Laos. Enfin pour les Patates Clabaut uniquement, car les Patates Steiner ont décidé de faire un crochet pour aller visiter les grottes de Pak Ou avant de se rejoindre à Luang Prabang un jour plus tard. 

Nous  posons nos sacoches dans une Guest House en bordure du Mékong, maison avec une cour intérieure et un bassin où nos enfants s'inventent de nouveaux jeux pendant que nous mettons à jour notre site et savourons un nouveau cap dans notre voyage : aujourd'hui nous avons franchi le 700ème kilomètre à la force de nos mollets.

Caro

  • Voici le récit des 24 heures des Steiner en solo et leur rencontre avec les éléphants ...

    Effectivement, c'est une première séparation des patates. nous décidons de faire le crochet par les grottes de Tham Ting et Tham Phoum, sur le bord du Mékong. Nous quittons donc les copains après le déjeuner, en les laissant sur la nationale qui les mène à Luang Prabang. Et pour nous, quelques kilomètres à rebrousser, pour découvrir la bifurcation qui nous mènera au village de Pa kou à la confluence du Mékong et de la Nam Ou (rivière que nous avions naviguée, puis longée les jours précédents) .

    Premier contact avec le Mékong que nous remontons
    . On a l'impression d'être dans un autre pays. L'atmosphère est lourde, le soleil rouge se voile d'un halo, et les ilôts de sable se succèdent. Quelques orpailleurs cherchent la pépite rare.

     
  • Petite surprise : nous sommes de nouveau sur une piste! Ce petit détail nous sera finalement d'une aide précieuse, car c'est grâce à la poussière  que nous avons pu remarquer des traces particulièrement larges d'un mammifère à quatre pattes...
    Quelques mètres après cette gigantesque emprunte, une nouvelle trouvaille...un "colombin" géant, trois fois l'épaisseur de notre avant-bras. Pas de doute, nous étions bien là en présence de pieds de pachidermes!


    Celà nous  redonne du baume au coeur et même sur la piste, digne des montagnes russes, on maintient notre allure. Finalement, la rencontre avec l'animal sera pour le lendemain matin, avant de quitter le village...

    On arrive donc à Pakou vers 16 heures. Le temps de trouver un hébergement (chez l'habitant, car il n'y a aucune guesthouse à Pakou) et un capitaine de vaisseau pour traverser le Mékong, et nous montons tous dans longue et fine pirogue qui nous mènera au pied des grottes, sur l'autre berge.
                             
    Les grottes de Pakou ont la particularité d'abriter environ 4000 bouddhas.

    Le lendemain, Jeanne est plutôt matinale : à 6h30, elle réclame déjà son lait de soja. Joseph dormant encore, je décide d'aller me ballader avec elle pour profiter des lumières de l'aube.

    Le grondement d'un tambour nous surprend. Nous nous approchons. Les femmes arrivent et s'installent une à une à genoux en demi-cercle devant le temple. Le silence règne. Une file indienne orange serpente devant nous, ce sont les moines bouddhistes qui viennent recevoir l'aumone apporté par les fidèles.

         

  • Vers 8 heures, nous sommes tous au petit déjeuner (riz et omelette) et nous résolvons une nouvelle énigme : cet espèce d'énorme criquet (environ 15 cm) est capable de produire alternativement un son d'oiseau comme un chant de cigale. Ce sont des bruits qui nous accompagnent souvent à vélo et que nous n'arrivions pas à identifier jusqu'à présent. Ce matin, une petite fille avait attrapé cet insecte pour le moins surprenant.

  • Et voici que la rencontre avec les éléphants, aussi improbable qu'inattendue, a eu lieu, juste à la sortie du village :


                              

  • Nous passons une heure avec eux, à les observer, les caresser et les nourrir. Le sentiment des enfants est partagé entre fascination, crainte et amusement. Pas facile d'associer une trompe capable de vous assommer d'un seul coup à rien d'autre qu'un nez.

    Avec l'agréable impression d'avoir déjà gagné notre journée, nous reprenons la route vers Luang Prabang, où nous avons rendez-vous à 14h, plus exactement au marché Hmong, avec Jean-Guillaume et Caroline.

    Mais à 8 km de la ville, une crevaison nous cloue au sol. Comble de malchance, c'est la valve qui a cédé, la réparation est donc impossible. Jacques entame son interminable "quête de la chambre à air perdue" sur plus de 4 km, mais hélas en vain. Nous devons notre salut à un petit garagiste laotien mais dont l'entêtement à vouloir réparer notre pauvre chambre à air tiendrait plutôt du breton. Nous lui tirons notre chapeau, même s'il a fallu regonfler par deux fois avant d'atteindre la guest house de Jean-Guillaume et Caroline.

    Chantal

 

 

De Luang Prabang à Vientiane, du 15 au 25 mars 2010
C'est à Luang Prabang que nous avons retrouvé Sébastien et Nicolas venus nous rejoindre pour faire quelques tours de pédales avec les Patates.

Nous y avons également rencontré quelques compatriotes français avec qui nous avons bien sympatisé et que nous souhaitons en quelques lignes remercier pour la sincérité de notre rencontre, des sourires et des  moments passés ensemble.
Merci donc à Cécile et Jean-Christophe, Christian, Benoit et Albane. Ces deux derniers sont également cyclotouristes acharnés et nous avons échangé beaucoup sur nos expériences, nos impressions, notre matos (notamment la trousse à pharmacie). Comme on dit, ce sont les échanges qui font progresser la science... En tout cas, ça donne envie de se revoir alors inch'allah. Et si vous souhaitez en savoir plus sur leur parcours, la magie de leurs rencontres au Kazakstan, on vous invite à aller voir leur photo sur leur blog : http://3-ptits-tours.blogspot.com/.

Voilà la fine équipe au complet :


Nous laisserons désormais Nicolas prendre la plume pour vous fournir un regard extérieur sur les tribulations des Patates ...

C'est avec plaisir et non sans une certaine fierté que je prends donc temporairement la responsabilité de donner des nouvelles de nos patates préférées. Juste un petit mot pour nous présenter, nous sommes 2 amis de la troupe des patates depuis quelques temps déjà et nous avons déjà eu à diverses occasions de les accompagner dans certains de leur week end sportifs !  

Seb et Nico

Pour nous l'occasion de ce voyage de 1 an était trop belle et un superbe pretexte pour aller découvrir cette partie du monde. Nous avons donc décidé de partir 1 mois les rejoindre au Laos pour essayer de les accompagner quelques jours !  Après avoir passé 15 jours à travers le pays en vélo, nous les retrouvons donc le 15 Mars au soir à Louang Prabang

Après une journée entière à naviguer sur la Nam Ou, un affluent du Mekong nous arrivons à Louang Prabang à la tombée de la nuit. Nous les contactons sur leur numéro de téléphone Lao et nous nous retrouvons à leur Guest House.

La chaleur des retrouvailles est à la hauteur de l'évenement ! C'est peu dire ! se retrouver tous à des milliers de kilomètres de chez nous, cela semble irréel et magique. Un moment que l'on a souvent dessiné dans nos têtes et qui ne sera pas trop éloigné de ce qu'on imaginait.

On part donc fêter ça autour d'un 1 verre de Lao Lao au night Market de Luang Prabang. (Lao Lao étant un genre d'alcool à 90° sans gout mais qui rechauffe bien le gosier et qui a une valeur sentimentale car nous l'avions acheté dans une tribu au nord du Laos specialement pour nos retrouvailles !)

Night Market - Luang Prabang

 

Luang Prabang est une ville où on se sent bien et où il est agréable de passer quelques jours pour se poser. Plantée le long du Mékong, il y règne une ambiance sereine, teinté de spiritualité, de festivité et de convivialité.

Et c'est pas un petit orage qui va nous faire changer d'avis !

Après leur périple Vietnamien et Nord laossien assez intense et plutot mouvementé, je ne pense pas me tromper en disant que les patates ont apprécié pleinement cette petite pause.

Passé les retrouvailles, nous étions assez curieux de voir comment la petite troupe était organisée, comment se déroulait le quotidien de ces 2 familles avec leurs enfants loin de chez eux et de leurs habitudes, comment les enfants réagissaient de devoir changer de maison tous les soirs ?  Comment gérer les taches quotidiennes d'une famille et un périple à vélo ? Nous posons des tas de questions ...

De l'extèrieur, nous sommes assez subjugués par la force qui se dégage de ce groupe en terme d'organisation. Et au cours du périple sur la route avec eux nous aurons confirmation qu'après la journée de pédalage terminée, celle des parents est loin d'être terminée. Ce qui me surprendra le plus est le temps que chacun des parents arrive à consacrer à son temps libre, il est proche de zéro tellement les enfants sont énergivores !

Compte tenu de mon retour en France programmé pour le 26 Mars, il me reste 10 jours à passer au Laos avec eux.

Pour pouvoir pédaler ensemble un maximum de temps et arriver à temps à Vientiane, la meilleur solution consiste à éviter une partie du parcours à vélo qui fait 120 km entre Louang Prabang et Kasi mais qui prendrait 4 jours compte tenu du relief très escarpé. Nous décidons donc d'embarquer les vélos dans un bus et de partir de Luang Prabang le 18 Mars.

Les journées du 16 et 17 Mars permettront de recharger les batteries et notamment celles de Jean-Gui qui contractera une belle intoxication alimentaire et devra faire un petit séjour à l'hopital de province de Luang Prabang avant de retrouver toutes ses forces. Il ne restera que quelques heures le 17 au soir mais cela va légèrement changer nos plans ...

Nous attendons de voir le lendemain l'état de Jean-Gui pour prendre la décision de partir. Après une bonne nuit on décide de partir vers 14h mais nous scindons le groupe en 2. Un premier groupe, composée de Jacques, Chantal, Jeanne, Joseph, Seb et moi qui s'arrêtera à Kasi 60 km avant le 2éme groupe composée de Jean-Gui, Caro, Cylia et Clément qui continuera jusqu'à Vang Vieng. Cela afin d'éviter à Jean-Gui une journée de pédalage.

Nous les retrouverons le 19 au soir à Vang Vieng.

Nous prenons donc un VIP bus, bus soit disant plus confortable mais surtout qui ne permet pas de mettre les vélos sur le toit ! Mais pas de problème, on négocie avec le chauffeur et moyennant quelques kips par vélo, on les installe à l'intérieur sur les sièges ! du coup, c'est un peu moins simple pour rejoindre sa place n'est ce pas Monsieur  ?

Mais comme d'habitude au Laos, tout se fait dans la bonne humeur et tout le monde trouve ça normal !

C'est parti !

Le 1er groupe arrive à Kasi vers 20h30 soit quasiment 6h30 pour faire... 120 km, une étape dantesque que finalement nos jambes ne regrettent pas de ne pas faire. Le 2eme groupe arrivera 1h30 plus tard à Vang Vieng.

L'étape Kasi - Vang Vieng - 19 Mars

Nuit en guest house et réveil matinal pour le 1er groupe et direction Vang Vieng pour une superbe étape à travers de magnifiques paysages

 

Pendant que certains se font aider ....

euh .... ben d'autres se font aussi aider ...

2 km avant d'arriver à Vang Vieng, nous allons piquer une tête bien méritée dans une rivière

 

puis nous rejoignons le groupe Caro et Jean Gui à la guest house qu'ils ont trouvé la veille.

Le contraste entre ce que nous avons pu voir du Laos jusqu'à présent et Vang Vieng est saisissant ! Les hordes de touristes généralement anglo saxons qui débarquent dans la ville pour faire du tubing (se laisser glisser sur une bouée sur la rivière), boire de la bierre et faire la fête contraste avec le calme des laossiens habituellement assez réservés. On nous avait prévenu donc Jean-Gui et Caro nous attendent dans une guest house dans une partie calme en périphérie de la ville de l'autre coté de la riviere ! Ouf !

On retrouve les Clabauts et un Jean Gui en bien meilleure forme !

Le soir les enfants auront droit au bain dans la rivière ! avant bien sur de se relaver vraiment à la guest house !

 

La guest house se revèle un petit paradis calme et tranquille avec des jolis petits bungalows en bois ...

  

Le lendemain, pour le petit dej, Jacques nous a trouvé une spécialité locale !

euh ben non Jeanne semble ne pas être d'accord !

Départ pour une journée en vélo de découverte autour de Vang Vieng.

   

Bain dans un blue lagoon !

Visite d'une grotte avec un boudha couché !

 

Le soir retour à la guest house et préparatif pour le lendemain car nous quittons Vang Vieng pour la capitale Vientiane .... 200 km de route que nous effectuerons en 4 jours si tout va bien.

Départ pour Vientiane (4 jours)

1ère jour : Vang Vieng - Hinneub - 21 Mars

On quitte Vang Vieng par la route 13 en direction de Vientiane. Cette étape de 67 km sera la plus longue des patates pour le moment ... C'est une étape assez roulante avec quelques cotes assez "casse pattes" parfois.

La chaleur est rude et semble s'accentuer depuis quelques jours, plus on descend dans le sud.

On s'arrete pour manger dans un petit village à mi parcours qui ne semble spécialisé dans le poisson séché sous toute ses formes !

Le soir, le soir on dormira à Hinneub dans une guest house où les enfant seront comme souvent d'ailleurs accueillis à bras ouverts avec des tas de petites attentions.

2ème jour : Hinneub - Na Nam - 22 Mars

Réveil matinal pour ceux qui sont chargé d'aller faire les courses au marché ce matin la ...

Chantal à la recherche de beignets de banane

Petit déjeuner puis départ vers 9h pour une jolie étape dans des paysages verdoyants. La chaleur faisant son effet, la pause dégusation jus de canne à sucre se rélève indispensable ! on en reprend plusieurs fois !

Jean-Gui se demandant même comment autant de jus peut sortir de cette canne qui semble sèche et dure au premier abord.

Une heure plus tard, on fait une pause déjeuner cette fois dans un petit resto où les enfants inventent un jeu de légo géant à base de caisses de bierre... pour toute remarque s'adresser directement aux parents, merci ...

En fin d'après midi, nous arrivons à Na Nam au bout d'une belle côte bien raide qui use les organismes.

Mais la récompense est au rendez vous car la vue sur le lac articificiel le plus grand d'Asie du sud-est est fabuleuse ... nous surplombons le lac Nam Ngun !

Barrage de la Nam Ngun

Nous trouvons une guest house de luxe à un pris défiant toute concurrence ! moins de 2 euros la nuit par adulte et une vue imprenable sur le lac !

Vue de la chambre

3ème Jour : Na Nam - Tanpiao - 23 Mars

Après une bonne nuit, lever de bonne heure et de bonne humeur pour tout le monde ... 

et après un petit déjeuner avec vue imprenable, on reprend la route ....

 

Nous roulons non stop, mis à part les dizaines de fois où les enfants auront perdu un jouet sur la route généralement en plein efforts du papa dans une côte bien raide.

Pause déjeuner où nous rencontrons Danielo, un brésilien qui fait le tour du monde en 3 ans en vélo pour financer un projet d'aide aux enfants brésiliens ... Il est chargé comme une mule et fait des étapes de 100 km par jour mais nous confie ne pas être pressé ! Encore un sacré personnage ! Je lui ai promis de mettre un lien vers son site web alors le voici homenlivre.com, homme libre en portugais ....

  

Après un petit bain dans la rivière Nam Ngun, que nous suivont depuis hier, on peut repartir ...

A partir de là, 2 solutions s'offrent à nous, soit passer par la route nationale 10 sur laquelle nous sommes, soit bifurquer par un chemin vicinal moins carrossable mais qui permet de sortir des sentiers battus et qui nous promet de beaux paysages et surtout une nuit soit chez l'habitant ou soit dans un temple, ce que personne n'a fait pour le moment ! car sur ce chemin pas de guest house ...

Le groupe tergiverse, fait mine de scinder en deux puis finalement optera pour la 2 ème solution car un laossien sympa (pléonasme ?) nous explique en Français qu'un temple à Tanpiao pourrait accueillir la petite famille. Malgré un peu de fatigue et l'heure déjà bien avancée, on part pour 15 km supplémentaires de route en terre battue.

    

Nous arrivons à Tanpiao et nous nous dirigeons vers le temple, nous expliquons notre situation à un jeune bonze mais celui-ci ne nous propose pas de venir dormir ... glups ..c'est donc pas si facile de dormir dans un temple !!

  

Même le charme de Jacques n'y fait rien

Les villageois nous montrent alors l'autre côté de la rivière pour dormir, mais ce n'est pas notre route du lendemain et aucun pont pour traverser ... en plus apparement rien pour manger de l'autre côté ...

on décide donc à l'unanimité, de bivouaquer le long de la rivière ...

Après une petite baignade avec les gamins du coin ...

on installe le campement ...

La nuit sous le ciel étoilé et sous les moustiquaires est très agréable car la température descend peu et l'on est heureux de pas avoir de mur autour de nous !

4ème jour : Tanpiao - Vientiane - 24 Mars

Le lendemain, on se fait réveiller vers 6h00 par les premiers travailleurs qui traversent grâce à la barge qui relie les 2 rives. Le petit groupe émerge doucement.

           

                   

 Petit déjeuner, puis reprise de notre route vers la capitale, il nous reste une petite journée de 45 km environ !

On continue jusqu'au village voisin, Hatsoun où on négocie la traversée en barge vers l'autre rive de la rivière. Avec 2 ou 3 mots de Lao que nous commençons à maîtriser, on obtient une traversée à 10, plus les vélos et carrioles à moins de 1,5 euros en tout ! Qui dit mieux !

La piste se transforme ensuite en petite route, puis nous rejoignons la route nationale et après 10 km d'une route assez monotone et dont le traffic se densifie progressivement, nous atteignons la capitale ...

       

Le soir, repas le long du Mékong

Aujourd'hui, Jeudi 25 Mars c'est mon dernier jour en compagnie de la troupe, je rentre pour la France demain avec pleins d'images dans la tête. Ce petit tour en vélo m'a permis de mieux connaître ce pays attachant et ses habitants, de saisir des scènes de vie réelles en dehors des sentiers touristiques, de faire des rencontres authentiques.

Cerise sur le gâteau, j'ai eu la chance de partager les 10 derniers jours en compagnie des patates, ce qui restera une expérience inoubliable !

A travers la rédaction du blog pendant cette semaine, je me rends compte que l'on ne peut bien sûr pas tout exprimer, que certaines situations, certains sourires, certains échanges privilégiés ne pourront pas être mis sur papier. Cela restera le jardin secret de chaque voyageur.

En attendant, ce soir nous fêtons l'anniversaire de Jacques ! et pour l'occasion les filles ont trouvé le moyen de faire garder les enfants par deux baby sitter l'instant d'une soirée. Ce sera l'occasion pour nous tous de nous retrouver ensemble et de profiter d'un moment de convivialité qui sera aussi l'opportunité pour chacun de délivrer ses sentiments sur tout ce temps passé ensemble ....beaucoup d'émotion et de la chaleur dans les coeurs

 

 

Je passe le relais à Seb pour la suite du Blog, merci aux patates pour m'avoir fait partager cette belle aventure et d'avoir modifier un peu leur parcours pour qu'on puisse rouler ensemble !

 

 

 

Nicolas

 

De Vientiane au pont de l'amitié, du 26 mars au 03 avril 2010

C'est avec un petit noeud au ventre que nous regardons Nico monter dans son taxi pour regagner l'aéroport. Merci à lui d'avoir pris le relais durant cette période pour rédiger le carnet de voyage. Seb avait la volonté de faire la suite, mais nous ne lui en voudrons pas d'avoir opter pour un repos complet :


Nous quittons donc Vientiane le jour suivant le départ de Nico. Notre visa expire le 3 avril, il nous reste donc 8 jours avant de passer le pont de l'Amitié, qui permet d'enjamber le Mékong pour entrer en Thaïlande.
Un petit coup d'oeil sur la carte et nous décidons de nous rendre dans le parc national de Phou Khao Khouay, à 80 km à l'est de Vientiane. Cette réserve est composée d'une forêt primaire et d'une faune sauvage encore préservées : les éléphants, les rhinocéros et les tigres y sont en effet encore présents...Bien sûr, avec de jeunes enfants, difficile d'être à l'affût d'un tel gibier à l'aube, mais s'éloigner des grands axes et des villes est tentant...
Nous quittons Vientiane en passant devant le palais présidentiel et nous laissons rapidement la Nationale 5 pour une route secondaire (itinéraire jaune sur la carte) afin de longer le Mékong.

       


Palais présidentiel

                       
                    En file indienne sur la "grande route" .                        Tri de galets sur le bord du fleuve.

C'est bien la Thaïlande que l'on voit sur l'autre rive. Celà parait presque qu'irréel...et pourtant, un simple pont nous sépare. C'est pour bientôt !

Avant d'emprunter la piste, on décide de s'arrêter dans un parc pour le pique-nique... Petite surprise : il y a des statues géantes d'animaux que les enfants ne connaissent pas, les petites patates découvrent les dinosaures et en 3D s'il-vous-plaît !

                 

Dans ce parc, il y a aussi de drôles d'oiseaux qui retiennent notre attention : les paons.

                               
Pas une plume ne manque à son éventail.

15h00, la chaleur est moins écrasante, nous décidons de remonter sur nos selles.


Y'aurait-il sur cette photo un présage pour la nuit à venir ?

Il nous faut normalement 2 jours pour atteindre le parc, et pas de guest-house sur notre route. Nous demandons l'hospitalité dans un village. Nous pensions bivouaquer sur le bord du Mékong mais le chef du hameau préfère que nous allions dormir au temple. La chambre de ce soir devient alors gigantesque. Les femmes du village cuisinent pour nous et nous apportent le repas à demeure, tel les bonzes qui reçoivent leur offrande. Au début, nous ne sommes pas très à l'aise de tant d'honneur, mais les sourires des bouddhas dorés, la gentillesse des villageois et les joyeuses couleurs qui nous entourent, nous font vite oublier cette gène. La nuit est bonne et à notre grande surprise, le gong ne sonnera pas ce matin là.

       

Au petit matin, il n'y a pas que les bouddhas qui veillent sur nous, les plus curieux sont déjà levés pour nous observer.

               

Le petit déj' étant terminé, les petites patates peuvent prendre un cours... de vélo pour changer ! Et ce ne sont pas les monitrices qui manquent ...

                            

                  

Nous enfourchons à nouveau nos vélos vers 10h00, l'atmosphère est zen ce matin ...

8 kilomètres plus tard et c'est déjà l'heure d'une "grande" pause : nous franchissons le cap du 1OOOème kilomètre !


Vous le voyez le "1000" ?


On s'autofélicite, on s'embrasse et c'est reparti ! Et merci à tous ceux qui nous accompagnent dans ce grand voyage.

Petit tour d'accrobatie à la pause de ce midi ...

Nous rejoignons la nationale en fin de journée pour atteindre le village de Ban Na ("Ban" signifiant "village" en lao), où une tour d'observation a été construite par une ONG allemande pour étudier les vas-et-vient des éléphants.

Avant de bifurquer vers Ban Na, comme il est encore tôt, nous nous arrêtons visiter un ancien temple en rénovation. Il y a un gros tas de sable, les enfants s'en donnent à coeur joie avant d'aller visiter les autres monuments. La pause dure bien une heure : on y est bien et chacun peut errer à sa guise dans le temple et discuter avec les bonzes. Une réflexion commune avant de repartir : on est bien ici, on y aurait bien dormi.

 


                       
                                                                                                    Echaffaudage en bambou ligaturé.

Un kilomètre nous sépare du village des éléphants. Nous y sommes donc rapidement. Malgré un accueil chaleureux, nous trouvons exagéré le tarif des prestations obligatoires (village found, entrée du parc, tour d'observation, guide, véhicule à moteur...et la nuit chez l'habitant devient deux fois plus cher que les guest-house)  ... après une bonne heure et demi de discussion, il nous semble évident que nous ne verrons pas les éléphants ici et nous décidons donc de ne pas rester.

Nous nous fions à notre première impression et retournons au temple demander l'hospitalité. Nous sommes immédiatement invités à nous installer sous une multitude de petits bouts de tissus multicolores, en compagnie de deux bouddhas assis.
Le soir pour le dernier repas de Seb en notre compagnie et pour fêter notre 1OOOème kilomètre, une petite gargotte ... cette soirée arrosée et animée aura raison de la motivation de Seb pour la rédaction du carnet de voyage.

Au petit matin, voici ce que donne notre campement :
              

Il était prévu de rester deux nuits à Ban Na, avant de rejoindre Ban Hatkhai, un autre village plus à l'est, mais toujours dans le périmètre du parc. On n'a que 20 km à faire aujourd'hui, alors on prend encore un peu de temps pour déambuler dans cet espace bienveillant :
            

            

          
Personnellement, j'aurai bien passé une journée entière à peindre le drapé de l'autel de cette scéne.

Seb repart ce matin pour Vientiane. Là encore, c'est dur de le laisser partir... Les filles l'accompagnent jusqu'au portail ...

Quant à nous, direction le village d'Hatkhai, où nous passerons 4 jours à flâner.

Nous y sommes donc pour midi. Le village héberge environ 400 habitants, dans un décor remarquable au bord de la rivière Nam Mang ("nam" signifiant "eau"). La vie y est paisible et nous tombons tous sous le charme.

Nous rencontrons d'abord les enfants du village par le biais de l'école, mais rapidement le rendez-vous du soir à la rivière deviendra un passage obligé. En ce qui concerne l'école, nous intervenons deux matinées. La première pour faire découvrir aux élèves qui nous sommes et d'où nous venons, et la seconde pour chanter, dessiner et leur offrir la première représentation de Mister Patate et Monsieur Douce !
                
              L'école primaire de Hatkhai.


Les patates sont à l'intérieur...

Après l'école, la rivière :

 
 

Le deuxième jour, nous passons la journée complète aux cascades de Tad Xai, un peu sèches en cette saison, mais le chemin qui y mène traverse une superbe forêt luxuriante.
Les cascades sont à 10 km du village. On nous avait bien proposé un guide et un 4x4, mais brûler du gasoil dans un tel milieu, c'est contre notre religion. On nous avait aussi dit que ça montait.......mais comme nous avons tous notre fierté, nous y allons tout de même à vélo ! Finalement, les montées auront raison de nous et à plusieurs reprises, nous mettons pied à terre pour pousser nos montures.

                   
                     Le recto ...                                        et le verso.                          


On n'en peut plus!



Mais le décor nous récompense. On s'y sent tout petit, n'est-ce pas les gars.

Nous renommons cette cascade, la "cascade aux papillons" tant il y en a, tous plus beaux les uns que les autres, aux couleurs électriques. Nous essayons d'initier les petites patates à l'approche délicate des insectes ... pas simple.

 

Et au final, voici les cascades:


Dégustation de mangues pour le goûter.

Et le lendemain, encore la rivière:

                 
                 



La rivière est le lieu social du village par excellence : on s'y rafraîchit, on y rit, on s'y lave ... certains même s'y rasent ...


Pendant que d'autres se font dorloter...  
             
Joseph et Clément nagent en plein bonheur.

Encore un petit tour du village dans la bob ibex...si confortable qu'on s'y endort...

Habitat local sur pilotis, en bambou tissé.
 

Les nuits, nous les passons chez l'habitant. 
Ici, pas d'eau courante on se lave avec une coupelle et un seau. Quand celui-ci est vide, il faut aller le remplir à la pompe. Il y en a plusieurs dans le village. On peut aussi faire le choix d'aller s'y laver directement, l'eau est alors plus fraîche.
La maîtresse de maison tient aussi une petite boutique et un restaurant, auquel nous sommes fidèles. Il s'avère que c'est aussi le QG du village. Nous y rencontrons le chef et ses adjoints, lors de la préparation de l'inauguration de l'école. Bah oui, l'école du village est toute récente, demain c'est l'inauguration du bâtiment et nous y sommes conviés. Sauf que nous avions prévu de partir le matin ... Mais, pouvons-nous refuser une telle invitation ?
Nous décidons donc de retarder notre départ à l'après-midi.

  
Cette petite classe, où nous étions encore la veille était littéralement transformée.


C'est avec difficulté que nous nous arrachons de la fête vers 14heures. Les adieux sont longs. Finalement, en quatre jours, nous connaissons presque tout le village...Je crois que nous sommes attachés à eux. Le soleil est encore haut et les coups de pédales sont lourds. Les presses à canne à sucres sont salvatrices. Nous faisons nos 40 km avant de nous retirer dans une guest-house. Celle-ci, encore proche d'une rivière, la "nam geun", permet aux enfants de faire encore un plouf ! Eux aussi, ont pris leurs habitudes et réclament la rivière.

Notre dernier jour au laos est sous le signe de la chaleur. Nous devons rejoindre le pont de l'Amitié pour rentrer en Thaïlande avant 22 heures ce soir. Nous quittons la nationale de Vientiane pour retrouver celle qui nous mène au fameux pont. Le décor est aride et poussiéreux. Nous avons très chaud, surtout nous qui pédalons. Les enfants, quant à eux sont au frais, sous leur auvent fabrication maison.

      

Du coup, nous faisons une grande pause aux heures chaudes, et pour le goûter c'est au temple "Vat Xieng Khuan Park" que nous arrêtons.

  

 

 

Et puis, en fin de journée, nous franchissons la frontière à la fraîche.

                 
                   Ils ont même pensé aux vélos, la file de droite!       Paperasse administrative habituelle..;


Actuellement, je vous écris depuis la Thaïlande en contemplant les lumière du Laos sur l'autre rive...

Le Laos reste pour nous une terre d'accueil et de sourires. Plus calme et moins bruyante qu'au Vietnam (même si le karakoé fait aussi partie des sports nationaux). Les loatiens ont une expression sincère sur leur visage et sont très généreux. Lorsque nous circulons à vélo, ils veulent tous que nous nous arrêtions pour venir discuter un brin sur une natte, à l'ombre et boire de l'eau fraîche.

Finir par les décors du parc de Phou Khao Khouay était une riche idée, mais nous n'oublions pas les forêts que nous avons vu brûler sur des kilomètres au nord de Ventiane. Les travaux dans le Mékong sont également de taille hérculéenne.

Nous sommes déjà curieux de découvrir ce qu'il y aura plus au sud, après nos deux semaines de pédalage à venir en Thaïlande. 

Chantal