Septième partie, du 14 juillet au 11 septembre 2010 :
De la frontière thaïlandaise à Bangkok, du 14 au 25 juillet : Nous passons la frontière dans l'après-midi du 14 juillet, sans difficulté. Pendant la petite attente côté cambodgien, on en profite pour liquider nos unités téléphoniques. Côté thaïlandais, les enfants reçoivent des beignets et quelques sucreries : pas de doutes, nous sommes bien revenus du côté thaï. Cela nous donne une idée : il fait chaud, nous attendons pour une durée indéterminée, les enfants jouent tranquillement ensemble...vous connaissez nos petites faiblesses : un Magnum pour chacun sera parfait ! Trouver un logement dans notre budget ne sera pas si simple : nous nous engageons d'abord dans un village de pêcheurs en bord de mer, comme à notre habitude ... mais rien, pas de guest-house, la population locale ne comprend pas que nous ne voulions pas aller dans l'un des magnifiques hôtels en bord de nationale (vue sur mer quand même). Dans le village de pêcheurs, un drôle de passage à niveau se présente devant nous : un bateau traverse la route ! La barrière se lève, nous pouvons poursuivre :
Le lendemain, nous cherchons à rejoindre la mer : c'est l'objectif du jour. Nous savons qu'elle n'est pas loin, car nous pouvons observer sa couleur turquoise au travers les arbres. Nous faisons notre première escale sur une magnifique plage, mais il n'y a pas de quoi s'y restaurer. En revanche, nous admirons les embarcations des pêcheurs, prêtes à partir.
Le campement s'improvise assez vite :
Nous profitons encore de la plage toute la matinée et décollons après le repas pendant la grande sieste des enfants. Nous arrivons enfin à Trat vers 16 heures, la première grande ville de Thaïlande que nous traversons depuis la frontière. Nous nous arrêtons dans le premier hôtel venu car nous sommes bien trempés par des trombes d'eau depuis environ deux heures. Jusque là, nous étions fiers de répondre que la pluie ne nous touchait pas beaucoup durant nos journées de vélo. A vrai dire, nous n'étions pas réellement en saison des pluies. Elle est assez tardive cette année, mais depuis ces derniers jours passés au sud du Cambodge, je pense que nous pouvons dire qu'elle est maintenant bien installée. Il fait d'ailleurs moins chaud, ce qui est très appréciable. Ce qui est aussi plaisant, c'est qu'il ne pleut jamais toute la journée en continu. Seulement voilà, on ne peut pas profiter de la plage le matin, le midi et en soirée et en plus rouler au sec ! Donc, on profite de la relative fraîcheur de la pluie...et finalement cela est très agréable. Ce qui est sûr maintenant, c'est qu'il n'y a plus une journée qui ne passe sans que les grandes patates soient mouillées. Trat nous séduit par son "night market" et le choix de ses mets salés comme sucrés. On s'installe à une table et on va glâner beignets, brochettes ou autre plats sur toute la place. Je ne vous décrirai pas la diversité de nos assiettes, car cela serait trop long. Notre dessert se résume à un "fruit shake" fraise (jus fait à partir d'un ou de plusieurs fruits + sirop maison + lait concentré sucré) pour les enfants et "fraise-clémentine" pour les parents. Visiblement la fraise est de saison en ce moment. Après cet épisode désaltérant, nous nous trouvons rapidement dans un cul de sac avec au bout de la route l'embarcadère pour l'île de Ko-Chang. Pendant que Jean-Guillaume tente vaillamment de demander notre chemin, Jacques se rend compte que le monsieur qui essaie de nous indiquer la route a un sorbet violet à la main...qu'à cela ne tienne, nous repartirons tous avec un sorbet raisin. Au final, nous comprenons que nous avons raté la bifurcation 1 km auparavant, nous revenons donc sur nos pas...
Nous n'avons donc pas beaucoup roulé aujourd'hui, peut-être 25 km. On va dire que c'était une après-midi gourmandises. Nous ne trouvons pas si facilement que ça lesdits bungalows. Nous nous faisons même rattraper par la pluie et la nuit. C'est encore le lendemain matin que nous en profitons le plus. Même s'il pleut, il y a des grosses vagues et nous tentons d'apprendre le "body-surf" aux petites patates. Les deux journées suivantes, nous roulons sur la nationale à nouveau, nous passons Chantabury, Klung et quittons ce grand axe à chaque fois que cela est possible, pour rejoindre encore une fois la côte.
Le soir, nous mangeons encore une fois au marché du centre ville. Ce soir à Klung, c'est la fête, il y a le cinéma dans la rue :
Le compteur aussi défile et nous passons aujourd'hui le cap des 4000 km, les pneus des deux carrioles n'iront pas beaucoup plus loin : la sculpture n'est même plus visible et les crevaisons s'enchaînent.
Notre ami Gérard a la 60aine, qu'il cache bien. Il est fana de vélo qu'il pratique avec un club local et va acheter son kilo de pommes à 15 km en vélo tous les 2 jours. Il est en Thaïlande depuis deux ans pour vivre sa pré-retraite sur les conseils de son médecin, nous explique-t-il. Ah bon, mais de quelle maladie souffre ce soixantenaire fringant ?? Il nous raconte en toute franchise (à lire avec l'accent belge) : " En fait je suis allé voir mon médecin qui est aussi mon copain. Il m'a dit que j'avais un taux de testostérone de 5 et que c'était beaucoup trop pour mon âge. Il m'a dit que ça valait mieux pour moi d'aller en Thaïlande plutôt que de perdre mon temps avec les soixantenaires belges. Alors je suis parti. Et maintenant je suis content avec "Wing", et elle est contente aussi avec moi parce qu'elle a un toit, elle a à manger, elle a tout ce qu'elle veut et en plus j'envoie 5000 baht par mois (125€) à sa famille en Birmanie. Tu te rends compte, ma voiture me coûtait plus cher que ça en Belgique !!! ". On en pleurait de rire à l'écouter. Ca vous choque ? Mais que peut-on lui reprocher finalement ? Son histoire est incomparable à celle de tous ces hommes qui pratiquent le tourisme sexuel le temps des vacances. Non, Gérard n'est pas de ceux-là. Il se montre aussi adorable avec Wing, dont on a fait la connaissance, qu'avec nous. Il fait l'effort d'apprendre sa langue donc même en faisant le parallèle avec sa bagnole, on lui donne bien raison d'avoir vendu sa compagnie de taxi en Belgique pour vivre aujourd'hui de ses économies et de sa pension. Il rentre tous les trois mois dans son pays natal voir sa maman qu'il appelle aussi deux fois par semaine. Il ne cesse de répéter qu'il est heureux ici. Il peut paraître un peu farfelu mais finalement il a la tête bien sur ses épaules. Un sacré loustic et une belle rencontre qui nous a bien touché. A Phim beach, le lendemain : plage, plage et encore plage pour tous. On restera une journée tellement c'est sympa :
On profite aussi des crevettes du marché, fraîchement pêchées : Ici, un bon dessert, composé de riz et de sucre caramélisé, cuit sur le feu de bois dans une feuille de cocotier.
La crevette est une espèce locale abondante. Nous croisons aussi beaucoup de fermes d'élevage sur le bord de la route : Le dernier petit-déjeuner avec Gérard est un régal : pain toasté, oeufs, bacon, jus de fruits frais, tartines au nutella ...et même frites de la veille pour certains... Après nous avoir chouchouté pendant deux jours (lessives, ligne internet, taxi en scooter, café et omelette), notre ange gardien décide de nous accompagner. Il nous rejoint sur la route car nous n'allons pas très vite, dira-t-il. Il sera à nos côtés pour midi.
Au final, il y aura bien la mer à Pattaya :
La plage est petite car il y a des transats quasiment sur toute la surface. Ils sont payants (environ 1 € le siège) et sont plutôt réservés pour prendre un repas ou une collation. Des vendeurs ambulants de crevettes ou de crabes chauds, de chapeaux, de pinces à cheveux, de massages passent toute la journée...L'eau est chaude et les enfants s'éclatent dans les vagues. Nous profitons de la mer encore l'après midi et le lendemain matin. ... pas de doutes nous sommes dans l'un des hauts-lieux du tourisme sexuel. Ici, personne ne se cache pour proposer ses services. Lors de notre dernière recherche d'une chambre d'hôtel, Jacques a d'ailleurs fait une curieuse rencontre. Il nous raconte : "Ben je regardais à droite à gauche en quête d'une guesthouse quand soudain j'ai failli percuter une thaïlandaise qui s'était littéralement jetée sous mes roues.Tout en me demandant ce que je cherche, elle m'invite à descendre de ma monture. Je lui dis que je cherche une chambre. Elle me répond, tout en me pelotant innocemment les fesses, qu'elle a des chambres à 400 bahts... Ben là j'ai quand même senti que je n'avais pas frappé à la porte de la guest-house familiale... Bon de toute façon c'est trop cher. Sur ce, mon interlocutrice me soupèse le paquet (!!!) et me dit le plus naturellement du monde : "OK, je te loue ma chambre pour 200 baht et pour le reste on verra plus tard". Légèrement déconcerté par cette prise de contact plutôt inhabituelle pour moi, je lui demande si elle accepte les enfants. Loin de la calmer, elle répond par l'affirmative et commence à simuler un orgasme en se frottant à moi. Ok, je vais en parler en ma femme... Et en me voyant remonter sur mon vélo, elle me lance un dernier regard qui en dit long. Mon Dieu, on est bien loin de la Thaïlande que nous connaissions jusqu'à présent ...". Allez, on va dire qu'il fallait bien qu'on passe dans un tel lieu pour se rendre compte de ce que c'est. Sinon, dans les villes, ce qui reste chouette, c'est la diversité des night-markets :
Quand je vous dis que c'est le pays de la gournandise ... Chantal
Mon récit débute en réalité depuis la gare routière de Pattaya car l'après-midi du 25 juillet fût longue pour les patates... Nous arrivons à la gare à 14h moins cinq. On nous apprend qu'un bus part dans cinq minutes, et le suivant est à 15h. Je croise le regard interrogateur de Jean-Gui qui demande : "C'est jouable, non ?" Mmmmmh, voyons voir, deux carrioles à plier, les guidons à tourner, les remorques à bagages et les sacoches à démonter, et pour finir acheter de quoi manger dans le bus... Allez, y'a pas de raison de se prendre un coup de speed, d'autant plus que.....il faut vous faire un aveu... Séance démontage en bonne et dûe forme Voilà sans doute la raison qui explique l'empressement de JG à tenter de monter dans le bus de 14h. Malgré cela, on opte plus sagement pour celui de 15h et on s'installe à table pour le déjeuner. L'heure passe plus vite que prévu et à moins le quart, le chauffeur nous demande de charger nos vélos qui sont prêts. On ouvre les soutes du bus et .... surprise, c'est à peine plus grand qu'un coffre de break. Euh là je dis à Jean-Gui : "OK, on a déjà constaté à maintes reprises que l'impossible est souvent réalisable mais là.... ce serait vraiment de la magie de faire rentrer tout notre barda". Réponse de Jean-Gui, déterminé : "Ecoute, c'est simple, on en fait rentrer le maximum et après, ils seront bien obligés d'accepter le reste dans le bus !!!" Ce gars là, par moment il me tue .... Bon, soyons honnête, la tactique est légèrement culottée mais notre Jean-Gui, quand il a une idée dans la tête ... enfin vous le connaissez, alors on a enfourné tout ce qu'on pouvait, quitte à démonter les roues des vélos. Mais en plus de forcer la main au chauffeur, on lui faisait prendre un retard certain sur son horaire. C'est sûr en France, la pillule ne serait pas passée, mais voilà, on est en Thaïlande... Au bout du compte, on se retrouve avec deux vélos à monter dans le couloir du bus, condamnant ainsi les toilettes. Dans le bus, on évite le regard des passagers car on est responsable d'un retard de 20 minutes. Allez, promis, on ne le fera plus. Alors que le bus est prêt à démarrer, un gars nous demande : "cette carriole, vous la laissez là ????" Horreur, dans la tourmente, on s'est mal compris, et voilà qu'il nous reste un beau bébé sur les bras. On n'a pas d'autre choix que de l'enfourner dans le bus ; mais où va-t-on bien pouvoir l'entreposer ???.... Justement il reste deux sièges de libre, ouf. On peut dire que la scène nous aura rappelé aux bons souvenirs des casse-têtes chinois lorsque nous devions faire rentrer tout notre barda dans les compartiments des différents trains que nous avons pris jusque-là. Le trajet se passe tout en douceur et on apprécie aussi de voir défiler les paysages sans effort. A la vue des premiers gratte-ciels de Bangkok, on se félicite de notre choix de rentrer dans cette capitale en bus, car elle nous apparaît tentaculaire. Nous arrivons à la gare routière à 18h. Nous l'avions estimé à 4 km de la "Bamboo guesthouse", où nous avions réservé deux chambres. Vu que nous avions démonté un maximum d'éléments sur nos vélos, il ne nous faut pas loin d'une heure pour être prêts à pédaler. On demande notre chemin à un policier qui nous annonce un bon 10 km pour rejoindre nos pénates, dont une bonne partie en "highway" (prononcé "Aïe ! Ouai !", ce qui veut dire autoroute...). La vache, ça ne s'annonce quand même pas aussi facile que nous le pensions. En effet, la nuit est en train de tomber et Caro est toujours l'ombre d'elle-même. Dans ces moments là, il faut se serrer les coudes. Allez les patates, formation serrée, lampes frontales allumées et en avant.....Une, deux, trois, quatre voies !!! On serre à gauche (puisqu'on roule à gauche en Thaïlande) mais on se demande tous ce qu'on fout sur ces grands axes pas vraiment adaptés aux bicyclettes. On essaie de tenir un rythme pour abréger le supplice, mais on a un mal fou à s'orienter parmi les panneaux, les ponts, et les différentes sorties d'autoroute. Pour noircir encore le tableau, le bas-côté bitumé n'est pas toujours aussi large qu'on le voudrait, et les voitures, qui nous dépassent, se posent également des questions sur notre étrange et lent cortège. Nos petites patates sentent notre malaise et nous font allègrement sentir le leur. A un moment, on monte même sur un pont au bout duquel notre autoroute en rejoint une autre par la droite, nous contraignant ainsi à traverser quatre voies en file indienne : du grand n'importe quoi, on l'avoue. C'en est trop, on décide de s'arrêter pour manger, calmer les esprits, libérer les petites patates et surtout aviser pour la suite. On attérit dans une gargote familiale. Les gérants nous apprennent que nous ne sommes pas dans la bonne direction et que, malgré nos efforts, nous sommes désormais à 15 km de notre guest-house ... Le moral en prend un coup. Tout en dévorant notre plat de riz pour reprendre des forces (sauf Caro qui ne peut rien avaler d'autre qu'un Coca...), le plan B s'élabore : on repère le pick-up double cabine de nos hôtes. Donc, le plan est simple, on leur demande s'ils seraient disposés, moyennant finance, à nous conduire, le matos et la troupe, jusqu'à notre objectif. Voyant Caro au bout du rouleau et les enfants qui se chamaillent, ils acceptent. Allez, même cinéma qu'à la gare, on replie les carrioles et on s'entasse tous sur la banquette arrière. La course nous coûtera autant que le bus mais elle n'avait pas de prix pour nous. On débarque assez tard à la guesthouse et ce n'est apparemment pas l'habitude de la maison. En plus, la dame tique un peu en voyant tout notre barda, soit, on verra demain, car avec toutes ces émotions et vu l'heure (22h30), on a tous hâte de se coucher. Le lendemain, je me lève pour aller faire les courses du petit-déj'. Le maître des lieux me tombe littéralement dessus, et me demande combien nous sommes. Je lui réponds : "Deux familles avec chacune deux enfants de deux et quatre ans". Il me tient ce discours : "dans ce cas, il faut payer des suppléments pour chaque enfant, et surtout, ils ne doivent pas faire du bruit et ne pas courir car c'est du plancher et ça résonne. Et toutes vos affaires (en me montrant les vélos et carrioles), en dix ans je n'ai jamais vu ça ; autant d'affaires, il va falloir les mettre ailleurs car elles gênent (la veille on les avait mis là où sa soeur nous avait dit de les mettre...) ". Soit, il est dans son bon droit, mais la façon dont il le dit n'est pas correcte, et je sens bien qu'il a besoin de vider son sac qui lui pesait depuis tôt ce matin. Quoiqu'il en soit, le supplément qu'il réclame fait anormalement gonfler le prix de la chambre (nous n'avons jusqu'à présent jamais payé pour les enfants). Après cette douche froide, je glâne notre pitance du matin (dont des petits cakes maison à la banane qui nous rappellent la cuisine de nos mamans) ainsi que quelques tarifs des guest-house avoisinantes, car le quartier nous plaît. En effet, dans "Banglampoo", les guest-house se mêlent aux habitations thaï, et dans les rues très calmes, on trouve facilement de quoi manger local et à toute heure. Autre avantage, nous sommes à proximité de la rivière sur laquelle des bateaux-bus circulent tous les quarts d'heure. Il ne s'agit pas des "promène-couillons" ou autres bateau-mouches que nous pouvons trouver à Paris par exemple, mais bel et bien de transports publics prisés par les locaux. Certes, il est moins rapide qu'un métro mais il fonctionne de la même façon, qui plus est, en utilisant une voie de communication naturelle et ludique ; il ne subit pas le trafic et reste accessible à tous par son faible coût. Sans vraiment avoir réfléchi à son impact écologique, on aurait bien envie de transposer ce système dans les villes françaises qui s'y prêtent... De retour à la guest-house, nous prenons notre petit-déj' et réfléchissons à notre futur proche : "Est-ce qu'on souhaite rester une semaine dans une maison où l'on ne s'y sent pas les bienvenus et dans laquelle il va falloir marquer les enfants à la culotte pour qu'ils soient sages comme des moutons ?". La réponse tombe sous le sens. Vers midi, après recherches et négociations, nous élisons domicile à 50 mètres de là. Notre nouveau toit a moins de charme mais c'est sûr, on va s'y plaire : un jardin clos, un bassin à poissons rouges, les sourires du personnel, une toiture-terrasse avec vue sur la rivière, et des marchands ambulants qui passent avec fruits frais, glaces maison à la coco, nouilles fries, beignets de banane et de patates douces (ça c'est un signe).... Dans le jardin de la guest-house En fin d'après-midi, nous empruntons le bateau-bus pour nous rendre à Chinatown et nous imprégner de la vie grouillante. Bangkok, quartier de Chinatown La pluie nous tombe dessus et rajoute finalement au charme et à l'exotisme du quartier. On se trouve un resto de rue, où le chef-cuistot flambe ses plats devant nous. Il récupère l'eau s'écoulant du auvent qui le protège pour laver son wok entre chaque plat. Les petites patates, en bonnes citoyennes du monde, recyclent également l'eau de pluie en temps réel pour..... leur douche !
Ok, hygiéniquement parlant c'est d'une efficacité relative mais quel spectacle. On aurait presque pu gagner des sous avec leur "pestacle" de clown-grenouilles ! Allez, promis demain on leur fera un bain à la javel ! Le lendemain, c'est le week-end, aucune formalité possible. Donc, aucun scrupule à faire du tourisme. On se tente la visite du palais royal mais la reine est partie faire ses courses à Carrouf en fermant à clef derrière elle, tant pis ! On file au marché aux fleurs (et désolé Cécile si le lien n'a pas marché tout de suite vers le focus fleur, maintenant c'est bon !). Sur la route, on croise le parc de Saranrom avec ses aires de jeux. Les pertes seront lourdes pour la troupe : Joseph, Clément, Jeanne et Jacques n'iront pas plus loin et y passeront la matinée.
On s'y retrouve pour le pique-nique avant de rentrer à la guest-house pour la sieste. L'après-midi, Jean-Gui et moi partons avec les vélos des Clabaut pour réparation des casses (souvenez-vous l'épisode nids de poule), changement de pièces défectueuses (pignons, fourche hydraulique ) et révision complète. Le soir, on part tous à pied direction "Kao San", LA rue des backpackers, où l'on peut boire, manger, se faire masser tout ce qu'on veut, acheter tout et surtout n'importe quoi, même un vrai-faux permis de conduire international, le tout en parfaite impunité. Il fallait le voir pour le croire. Retour confortable en taxi. Bon, on s'amuse, on rigole, mais avec tout ça, on ne sait toujours pas ce que nous couve Caro qui tantôt refait surface, tantôt monte en température. Elle a pris le traitement pour une otite mais visiblement, il n'y a pas que ça. En ce mercredi 28 juillet, la répartition des rôles est donc la suivante : Jean-gui et Caro vont consulter à l'hôpital, Chantal s'occupe de l'atelier bricolage avec les enfants, et moi, je pars pour déposer une demande de visas à l'ambassade du Kazakhstan (et oui, le retour se prépare...). Pour ce faire, je prends le bateau, puis marche à pied autour des buildings, et surtout autour du pot..... "Mais boudiou, pourtant elle devrait être dans cette rue d'après mon plan". Finalement, un chauffeur de tuk-tuk me dirige vers le 43ème étage d'un gratte-ciel, rien que ça. J'y rentre, monte dans l'ascenseur qui m'emmène au... 6ème étage, pas plus.... Mouais, je suis sportif mais tout de même... J'arrive dans un hall où un panneau indique ce que l'on peut trouver aux étages supérieurs, mais aucune trace de l'ambassade kazakhe. C'est sûr, ces diplomates ne veulent pas être trop sollicités... Heureusement, un habitué des lieux me confirme ma première information. Pour accéder aux étages supérieurs, il faut prendre un autre ascenseur (ahhh...) qui se trouve derrière des barrières qui s'ouvrent à l'aide d'un pass électronique (ohhh...). Je passe devant le contrôle et on me demande ma pièce d'identité, pour obtenir ledit pass.... simplissime.... sauf que si je leur donne mon passeport, il va m'être difficile de le déposer à l'ambassade. Je tente d'exposer mon problème, mais le gars en face (qui sort au moins de HEC : Haute Ecole des Contrôleurs), c'est sûr il a des ordres redoutablement clairs : "tu prends le passeport et tu donnes le pass en échange". N'ayant aucune autre pièce d'indentité, je capitule et me défait à contre-coeur de mon passeport. 43è étage, au fond du couloir, derrière une porte en verre : le guichet sobrissime de l'ambassade du Kazakhstan... Mon interlocuteur est kazakhe, on ne s'y trompe pas. Ses réponses sont limitées au strict minimum. "Puis-je obtenir aujourd'hui des visas kazakhs pour le 15 novembre ?" -YES- "Peut-on les obtenir directement à la frontière ?" -NO- "et ça met combien de temps ?" -5 jours-. Bon ben c'est parti, je lui demande le formulaire. Il me répond que je peux le télécharger depuis leur site internet....."mmmmh, et sinon, vous n'en avez pas là ?"..... -YES-. Il revient avec huit formulaires. C'est quand même plus simple non ! Et je peux payer par cash ? -NO-. Il me donne un petit papier avec leur numéro de compte et le nom de leur banque et me montre une feuille placardée à la porte qui indique où elle se trouve. Je dois m'y rendre, leur expliquer que je viens payer des visas, et revenir avec le reçu. Purée les gars, y'a pas plus simple ??? Il est 12h15, vu que l'ambassade devrait déjà être fermée, c'est foutu pour déposer notre demande aujourd'hui. Et au fait, je lui demande comment je peux obtenir le pass d'accès sans avoir à déposer mon passeport en gage au contrôle. Il me répond : "vous montez ici, je vous donne mon pass, vous redescendez, vous récupérez votre passeport et vous remontez avec". Bon sang mais c'est bien sûr....Sauf que si vous allez au bout de son raisonnement, y'a comme un petit problème mais je me suis dit qu'on verrait plus tard. Pour avoir l'impression d'avancer, je me décide à aller payer, ce sera déjà ça de fait. J'avais cru lire que la banque était au 2ème étage du même building mais non, c'est à 20 minutes de marche !!! Franchement, je sens que ça va être rock'n roll le Kazakhstan.... Je vous fais grâce du récit de mes pérégrinations à la "Bangkok Bank" où, au bout de deux heures, en plus des 20$ de visa, j'ai dû m'acquitter de 17$ de commission... par visa. On se retrouve tous à la guest-house, et on se raconte nos péripéties. A l'hôpital, le verdict pour Caro est clair et sans appel... Personnellement, j'avais des soupçons sur son état de santé depuis bien longtemps, et n'en avais volontairement pas fait part à qui que ce soit. Mais maintenant, la vérité éclate au grand jour : cette fille est DENGUE !!!!! Bon c'est vrai, à l'heure où j'écris, on a tous eu le temps de relativiser car la rémission a été rapide mais sur le coup, on n'en rigolait pas vraiment. Par chance, le médecin l'a laissé sortir, à la condition de ne pas s'éloigner de Bangkok et de revenir quotidiennement à l'hôpital pour contrôler son taux de plaquettes. Allez, Caro est une battante, on est convaincu que ça va passer. Ce soir, ça tombe bien, pour se changer les idées, nous avons rendez-vous dans un resto à deux stations de bateau, avec Jeab, Gunn et Auan. Ces trois personnages sont Thaï et ont sûrement joué un rôle dans le choix géographique de notre aventure. Explication : c'est au lendemain d'un voyage professionnel de Jean-Gui à Bangkok, pendant lequel il a dispensé une formation à ces trois personnes, que l'on s'est téléphoné tous les quatre, et que l'idée du voyage à germé. Jeab, Gunn et Auan sont à l'image de leurs compatriotes : gentils, curieux, généreux, attentionnés (surtout avec les enfants), bref des vrais Bisounours. Leur rencontre avec Jean-Gui avait fini de nous convaincre que l'Asie du sud-est serait un formidable terrain de jeux.
Ce soir là, ils doivent traverser tout Bangkok et ses bouchons pour passer la soirée avec nous. Ils arrivent donc au restaurant relativement tard et confus alors qu'ils n'y sont pour rien. A peine installés, ils prennent les devants pour nous commander un vrai festin, histoire que l'on goûte à tout et que l'on ait un bon aperçu de la richesse de la cuisine. En plus, ils ont emporté avec eux des cadeaux pour les enfants : des colliers argentés avec leur prénom, et pour les grands : des t-shirts et des chips de durian. On est vraiment touché de tant d'attentions. La soirée est conviviale et le cadre est magnifique. Vue l'heure avancée, nous dévorons les différents plats alors que nos amis semblent se nourrir de nos récits. Au milieu du repas, un orage nous surprend et nous oblige à déserter la terrasse en toute hâte pour se réfugier en salle. Dans la panique, on a perdu la moitié des plats ainsi que nos verres de bière (le personnel était censé nous les descendre en salle). C'était drôle de constater que ce désagrément pour nous, était pour nos amis Thaïlandais un détail qui leur est passé bien haut dessus de la tête. En fin de soirée, nous manquons de les vexer à force d'insister pour payer la note, nous sommes leurs invités, un point c'est tout, c'est culturel. Ils nous raccompagnent jusqu'au taxi pour être sûr qu'il ne nous arrive rien. A ce stade, ça n'est plus de la gentillesse, mais je ne trouve pas le mot juste pour les qualifier. Le lendemain, nous filons tous au "Siam Center", un centre commercial pour y faire quelques achats que l'on n'a pas trouvé jusque là : carte routière type IGN de la Thaïlande, nouveau disque dur externe et quelques fringues. Les enfants hallucinent à l'étage des jouets dont certains sont en libre service (montagne de lego, dînette...). Normal, même moi je me surprends à retomber en enfance en voyant les hélicoptères radio-commandés passer au dessus de nos têtes. Pour faire la totale, on graille au Mac Do (c'est une première !) avant de séparer les équipes. Caro file à l'hosto pour sa prise de sang quotidienne, Jean-Gui part coucher ses enfants à la guest-house, et nous les Steiner flânons encore un peu, avant de sauter dans le "Sky train" (métro aérien) pour aller voir des connaissances... En effet, des ex-Corses ont élu domicile à Bangkok depuis maintenant 2 ans, il s'agit de ..... Alexandre, Marion et leur petite Elaé. Une bonne après-midi et une excellente soirée, à parler de la Thaïlande et de la Corse, de la vie d'expat' et de celle de patates, arrosée d'une bouteille de Givry de derrière les fagots, de quoi faire pâlir d'envie Jean-Gui le lendemain (encore désolé JG et Caro mais je ne me voyais pas revenir avec une patat'bag). La journée suivante est encore sous le signe de la détente : les Steiner à l'aquarium et les Clabaut au parc Lumphini. On s'y retrouve tous le soir pour y manger sous les étoiles. Caro, le matin, à l'occasion de son bilan du jour à l'hôpital, (et après une belle frayeur la veille où son taux de plaquettes avait atteint le seuil critique où l'hospitalisation est impérative pour des traitements plus lourds), a appris que les derniers résultats font apparaître le début d'une rémission. Pour fêter cela, nouvelle répartition des rôles : les Steiner ramènent la marmaille au bercail et les Clabaut s'offrent une soirée "romantique" boxe thaï et massage. Ambiance de folie où le public hystérique parie à tout va pendant le combat. Le massage ... c'est pour calmer le corps et l'esprit. Au réveil, on pensait donc retrouver Jean-Gui et Caro encore tout émerveillés de leur soirée en amoureux. C'eût été le cas si la nuit n'avait pas été cauchemardesque pour Caro. A-t-elle rêvé d'un moustique géant voltigeant façon vache folle autour de sa moustiquaire ?? Non, on ne sait pas trop si le massage ou la dengue y étaient pour quelque chose, mais Caro a souffert d'une douleur intense au poignet, l'empêchant de dormir. Petit flash back... Avant de se lancer dans cette aventure, Caro avait fait deux infiltrations pour soulager son canal carpien qui aurait mérité d'être opéré mais ne l'a pas été ... faute de temps. On connaissait donc tous son point faible et les risques que le problème resurgisse. Jusque là, à part quelques fourmillements, il n'y avait pas plus de soucis à se faire, c'est pourquoi cette douleur soudaine nous inquiète. Mais pour le moment, à part lever le pied, non le coude, euh je veux dire le poignet, et surveiller l'évolution, il n'y a pas grand chose à faire. La matinée se passe donc à préparer notre semaine de vacances (dans les vacances) sur une île du sud de la Thaïlande. Après moultes hésitations, nous nous décidons pour l'île de Ko Phi Phi, située dans la mer d'Adaman. On s'y rendra en bus après-demain. Cette décision étant prise, on casse une croûte avec en apéro.... un sauciflard bien de chez nous reçu par colis(merci Didier et Marie-Luz !!!). On lui a à peine laissé le temps de transpirer sous le climat asiatique. L'après-midi, on laisse les Clabaut se reposer et on répond à l'invitation d'Alexandre, Marion et Elaé que l'on rejoint au "British club" pour papoter, jouer avec les enfants dans la piscine, siroter une pression tout en regardant un bon match de rugby Australie/Nouvelle-Zélande en compagnie justement du collègue australien d'Alex. Si ça ne ressemble pas à un vrai samedi après-midi de pure détente, je veux bien me faire moine bouddhiste. On passe la journée du dimanche tous ensemble entre le grand marché local dit "marché du week-end" pour y faire quelques emplettes, et le parc attenant. Lundi, il est temps pour JG et moi, d'aller déposer notre demande de visa kazakh. Mais le feuilleton subit un nouveau rebondissement : l'ambassade est exceptionnellement fermée pour cause de .....on ne le saura jamais....GRRRRRRR. Avec nos deux neurones, on déjoue le piège en déposant toutes les pièces nécessaires à la demande de visa auprès d'une agence de voyage située dans le même building. Ouf, sauvés ! Et le plus beau c'est que ce service nous est offert. Ah, le charme français, ok sur un diplomate kazakh il n'a aucun effet, mais auprès des Thaïlandaises..... Bon d'accord on a le droit de rêver. Allez, une dernière journée sur Bangkok et on choppe un bus de nuit qui nous emmène à Krabi, port depuis lequel nous rejoignons Ko Phi Phi par bateau (prononcez Ko-pi-pi, ce qui ne manque pas d'amuser les enfants). On ne peut pas dire que ce soit très confortable mais cela nous aura permis de faire la connaissance de deux jeunes boxeuses ¨thaï mais Cht'i. Un léger quiproquo aurait d'ailleurs pu me coûter un KO mais ce serait trop long à vous expliquer (Faut bien se garder des anecdotes pour le retour non ?). Allez Vanessa, j'espère que tu ne m'en veux plus de t'avoir "chamboulé"... Le 3 août, début d'une semaine sur un petit paradis, aussi bien terrestre que sous-marin. Après une nuit dans les bungalows (sans charme avouons le) que nous avions réservé depuis Bangkok, les Clabaut déménagent pour un bungalow plus cosy sur la plage voisine. Nous déménagerons également deux jours plus tard mais pour une autre plage. Chacun ses goûts, ses envies, son intimité, ses rencontres, puisque le contexte s'y prête. Durant ce séjour, on se croise bien sûr régulièrement, pour des soirées, des plongées en bouteille et des gardes d'enfants. Parmi toutes nos rencontres, on apprécie particulièrement la compagnie de Larry et Amélie, un couple de Toulousains forts sympathiques avec qui nous partageons plongées et bonnes soirées, au cours desquelles nous brevetons le "Thaï punch", cousin du Ti punch mais avec de l'alcool local à pas cher. La recette sera validée par trois fin connaisseurs, Lionel, Matthieu et Hugo avec qui nous avons bien déliré au cours d'une mémorable séance photos de light-writing. Merci aussi à Romain et Maria, et à tous ceux qui nous lieront : merci pour ces amitiés éphémères, ou non d'ailleurs !
Ko Phi Phi est telle que nous l'espérions, du moment que l'on s'écarte du village principal : des plages de sable blanc peu peuplées, des cocotiers généreux, une douceur de vivre, un sympathique club de plongée, des fonds sous-marins qui nous rappellent nos vies antérieures. Mais Ko Phi Phi, c'est aussi des falaises calcaires, majestueuses et végétalisées surplombant des eaux turquoises, c'est "the beach" où le film du même nom a été tourné, c'est des singes qui viennent vous apporter le café le matin (OK, j'exagère avec les singes qui sont plutôt du genre à vous piquer le sachet du pain que vous avez suspendu sur la terrasse du bungalow, mais on leur pardonne leurs singeries !) Sous l'eau, on retrouve nos amis de Mayotte et de Calédonie, on se rappelle l'époque où l'on connaissait le petit nom de chacun, ou presque. Moi mon petit nom c'est Nemo Mais c'était une autre tranche de vie. Aujourd'hui, on initie Cylia et Jeanne aux joies du snorkelling avec leur masque tout neuf. C'est émouvant de leur montrer les poissons-clowns, poissons-ballons, poissons-flutes et poissons-perroquets. Grandiront-elles un jour dans cet environnement ? Que nous réserve le futur, ce serait bien prétentieux de le dire... Mais Dieu que c'est bon de vivre au bord de ces eaux tropicales (là je sens que je mets le doute dans l'esprit de nos parents....). La selle de nos vélos va nous paraître bien dure dans quelques jours... Ca y est, c'est le jour du départ. Dernier plouf, dernier poulet-coco, et zou, bye bye la mer pour 4 mois... Petit pincement au coeur avant de monter dans le bateau. Arrivé sur la côte, le plan "A" foire : on a beau avoir téléphoné pour réserver nos places dans le bus (qui étaient d'ailleurs déjà payées depuis belle lurette), on voit bien que les personnes qui nous prennent en charge sont pendues à leur portable, à la recherche d'un autre bus puisque le nôtre vient de partir, déjà complet. On fera donc deux heures de mini-bus avec les enfants sur les genoux jusqu'à la prochaine grande ville, où nous rattrapons de justesse un autre bus régulier dans lequel il reste des places. En fait, il faut comprendre que les compagnies font du surbooking et s'échangent leurs clients lorsqu'elles ne peuvent pas assumer elles-mêmes leurs transports. Pris en otage, on n'a pas d'autres choix que d'accepter les conditions de transports telles qu'elles se présentent, à moins d'avoir le temps. Ceci-dit dans le grand bus, on est royal : un siège inclinable chacun. Le bus s'arrête vers minuit pour la pause dîner....Allez, une tit' soupe pour la route... Et à 5h, on se fait littéralement larguer du bus, on a à peine le temps de vérifier qu'ils ont sorti tous nos bagages laissés en soute. En fait oui, il manque un sac côté Steiner. Je retourne dans les soutes : vides. J'ai à peine le temps de jeter un dernier coup d'oeil sur le trottoir pour vérifier qu'il manque bien un sac , que le bus redémarre et nous laisse, tout penauds. On est sur le derrière.... On n'a même pas le nom de la compagnie de bus..... dégoûtés.... adieu les maillots de bains, les casquettes anti-UV de notre sponsor (ECONET), le masque de Jeanne, les brassards de Jo-jo, et j'en passe...snif.... Il a dû disparaître lors des arrêts précédents. On a beau ne rien mettre de valeur dans les soutes, tout ce que l'on transporte nous est utile et on y tient, alors je ne vois pas la solution pour éviter ce genre de mésaventure.... C'est bien dommage... Bon, on se dit qu'on laisse la mer derrière nous mais quand même, il y aura bien des rivières et des piscines sur notre route. Ah et j'oublais la baie d'Halong puisque notre partenaire vietnamien (Vietnam Aventure/ La ferme du colvert) nous offre une croisière de deux jours à notre retour sur Hanoï. Allez, relativisons. Mais qu'est ce qu'on peut bien faire à 5h du mat' à Bangkok, avec quatre petites patates qu'on a précipitament sorti du lit ? Et bien c'est pas si mal que ça. En fait, le temps d'atteindre un square au bord de la rivière, pour y prendre notre petit dèj, le jour pointait. Et à cette heure-là, les squares sont déjà animés par plusieurs groupes de personnes, pratiquant le Tai chi à des niveaux différents, mais toujours en musique. Il suffit alors de se fondre dans le groupe qui correspond à votre niveau et la bonne humeur est au rendez-vous. Et rien de tel que des assouplissements après une nuit en bus. Et voilà, petit déj' tranquile, au vert, avant de retrouver la guesthouse où nous attendent nos vélos. Les filles en profiteront pour visiter le palais royal le matin. Bangkok, capitale animée aux mille facettes, c'était un passage obligé pour de multiples raisons mais on ne le regrette vraiment pas. On essaiera toutefois de s'en extraire en prenant moins de risques qu'à notre arrivée, mais ça vous ne le saurez qu'au prochain épisode. Merci encore de nous lire, de l'apprécier et de nous le faire savoir. C'est notre carburant à nous !
Jacques
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De Bangkok à Chiang Mai, du 10 au 25 août : De retour à Bangkok, plusieurs formalités nous attendent : récupérer les vélos réparés des Clabaut et nos passeports avec leurs nouveaux visas kazakhs, du moins nous l'espérons car nous n'avions pas pû les déposer en main-propre et avions demandé à une agence de voyage de le faire pour nous, service qu'elle avait gracieusement accepté de nous rendre ! De retour à Bangkok un jeudi, et l'ambassade du Kazakhstan n'étant ouverte que les lundi, mercredi et vendredi, nous réservons cette activité pour le lendemain. Le lendemain, vendredi et donc jour d'ouverture supposée de l'ambassade, Chantal et Jacques partent s'occuper de nos visas kasakhs. Mais arrivés sur place c'est la douche froide, l'ambassade est fermée car hier était un jour férié (pour célébrer l'anniversaire de la reine). Nous, qui avions prévu de quitter Bangkok samedi matin, allons devoir attendre jusqu'à lundi ... Mais en s'approchant de plus près des locaux, Chantal et Jacques voient une personne à l'intérieur et demandent à lui parler. Jacques a le plaisir de retrouver l'accueil toujours aussi chaleureux de l'employé à qui il avait déjà eu à faire, et qui lui rétorque toujours aussi amicalement : "Visas pas prêts et ambassade fermée, revenez lundi" ... dans ces cas-là nous vivons une épreuve de patience que seul Jacques peut affronter. Avec tout le mal que l'on s'était donné pour faire déposer nos demandes de visas afin de les récupérer dès notre retour, cette réponse est difficile à accepter. Après l'évocation d'une expiration bidon de nos visas thaïlandais, et à surtout, à mon avis, après avoir été ému par le tableau de cette famille en détresse (merci les enfants !) notre ami kazakh finira par proposer de revenir le lendemain, samedi, à titre exceptionnel pour venir récupérer nos précieux sésames. Le lendemain, avec Caroline, nous finirons enfin par les obtenir, après toutefois avoir harcelé au téléphone l'employé zélé qui n'était pas au rendez-vous et ne semblait plus disposé à venir. Lorsque Chantal et Jacques rentrent de leurs démarches infructueuses auprès de l'ambassade, ils nous trouvent à la fois stupéfais et hilares ... L'improbable vient en effet de se réaliser, l'anecdote finale qui vient confirmer que nous étions faits pour nous rencontrer et pour vivre cette aventure ensemble : nous venons de réaliser qu'à notre tour nous n'avons plus de carte bleue ! Ainsi s'achève notre séjour à Bangkok, cette ville qui nous émerveille toujours autant. Tous ces petits tracas ont décalé notre départ d'une journée et nous prenons le chemin de la gare un dimanche, qui s'avère être le jour idéal pour rouler à vélo dans cette ville ultra embouteillée le reste de la semaine. S'ouvrent alors à nous d'immenses avenues sur lesquelles nous pouvons rouler à quatre de front. Nous prenons le train en direction d'Ayutthaya, à 80 km au nord de Bangkok, histoire de sortir de la ville sans revivre le cauchemard de notre arrivée, et d'en profiter pour visiter l'ancienne capitale du royaume du Siam. Rangement de tout notre barda dans le wagon de frêt : Et chorégraphie de Jacques et ses jacquettes sur le quai de la gare d'Ayutthaya au son de ... Jean-Guillaume
A Ayutthaya, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, nous passons l'après-midi à visiter ces superbes temples, qui nous rappellent au doux souvenir de ces trois jours passés à sillonner les temples d'Angkor au Cambodge.
5000 km, des cuisses en béton et une amitié grandie : un pari gagné ? Nous achevons cette journée de reprise par une nuit dans un "village touristique", c'est à dire où certains habitants proposent d'accueillir des touristes et c'est une adorable famille qui nous héberge. Les tours de scooter avec les petits-enfants et enfants de nos hôtes ainsi que deux grandes poupées plus grandes qu'eux, ravissent tant les enfants qu'une nouvelle fois ils ne voudront plus en partir. En effet, cette vie d'itinérant nous impose, pour notre plus grand plaisir le plus souvent, à refaire nos sacoches tous les jours, ou presque, pour poursuivre notre boucle. Les enfants, loin d'en souffrir, ont pris ce changement de rythme avec beaucoup de philosophie et maintenant ils passent commande : "ce soir, je voudrais qu'on trouve une maison avec .... un vélo (pour certains), une télé (pour d'autre), un hamac (pour tous)". Le soir venu, nous ne trouvons pas toujours le logement correspondant aux exigences, mais très souvent, le lendemain, au moment de partir, nos adorables chérubins ayant trouvé un lot de consolation qui les a comblé, ne souhaitent à nouveau plus partir ... et ce scenario se répète ainsi de jour en jour, d'hôtel en guest-house, de nuit en temple en nuit chez l'habitant. - un temple avec un bouddha géant, - un autre temple - un ingénieux système de pompage de l'eau de la rivière activé par la courroie du tracteur,
Caroline
Le centre de la Thaïlande, que nous traversons actuellement, est une région agricole apparemment très fertile. Se succèdent sous nos yeux champs de canne à sucre et de manioc, bananeraies, et rizières. La saison des pluies a fait son oeuvre : la terre est gorgée d'eau et la végétation est verdoyante. Quel contraste avec les étendues arides que nous avons parcouru au Cambodge ! Tout semble reprendre vie et les champs sont également peuplés de nombreux oiseaux tels aigrettes, cigognes et tant d'autres espèces dont nous ne connaissons pas le nom.
Nous réussissons à éviter les grands axes et parcourons ainsi cette région, peu touristique, par les petites routes. Notre immersion est alors totale et l'accueil qui nous est fait est extraordinaire. Régulièrement des gens nous escortent pendant quelques kilomètres pour nous indiquer le chemin à suivre. L'autre jour une personne arrive en scooter à la hauteur de Caroline et insiste pour qu'elle prenne le billet qui lui est tendu en lui demandant d'acheter des friandises aux enfants. Ou encore ce chauffeur de camionnette de livraison de bouteilles d'eau minérale qui nous offre en route deux bouteilles. Nous nous sommes même fait accompagner par un policier à moto qui nous a escorté jusqu'à un magasin de vélo ! Ce samedi 21 août est un jour particulier, il s'agit des 6 ans de mariage de Chantal et Jacques. Ce dernier nous met dans la confidence en nous révélant qu'il voudrait faire une surprise à Chantal, il lui faut pour cela la matinée sans pédalage mais il ne nous en dit pas plus et reste vague sur ce qu'il concocte. Jean-Guillaume Nous poursuivons notre route vers le nord, et nos Hommes, détenteurs des cartes, nous mènent toujours à bon port dans le dédale des petites routes de campagne.
Nous voici désormais dans le train, non pas celui du retour, rassurez-vous, (il vous reste encore quelques séances lectures de notre carnet de voyages), celui reliant Uttaradit à Chiang Mai. En effet, nous faisons ce trajet aller-retour en train, afin d'y accomplir des formalités administratives : toujours ces fameux visas ! Le train traverse la jungle et les montagnes nous entourent, c'est sûr, la partie montagneuse arrive ! A l'heure où j'écris, la mousson nous rattrape, et notre train est bloqué en gare car en amont les rails sont coupées en raison des dernières pluies ! Il est 20h, nous sommes bloqués depuis une heure et pour combien de temps encore, nul ne le sait ! Mais soyez tranquilles, nous avions prévu l'imprévisible et avons de quoi tenir un siège ou tout au moins passer une nuit dans le train ! Caroline ----------------------------------
De Chiang Mai à la frontière laotienne, du 26 août au 11 septembre : Allez, commençons par un petit flashback pour ceux qui trépignent d’impatience de savoir ce qui s’est passé en cette journée du 21 août, journée anniversaire pour Chantal et Jacques . Ce dernier, à l’imagination fertile, a voulu offrir à sa belle une nouvelle journée de mariage façon thaïlandaise et voici ce que cela donne en images : Préparation du carosse des mariés (ou plutôt de leurs enfants): Et voilà le résultat ! Et voilà, maintenant vous savez tout de cette journée dont nous fûmes les heureux témoins, pour une seconde fois. Je tiens à souligner la persévérance de mon pote qui a réussi à trouver un magasin de mariage faisant de la location de costumes (oui bon, les pompes en 45 ils n'avaient pas, d'où l'indice qui ne servait qu'à vous embrouiller) et un photographe, le tout en rase campagne thaïlandaise ! Revenons maintenant là où vous nous aviez quitté : à Chiang Mai. Cette ville n'est pas sur notre itinéraire pour gagner le poste frontière du nord Laos, mais nous devons y passer pour y faire nos visas chinois et en profiter pour visiter un peu l'endroit. Chiang Maï nous déçoit un peu par son côté Disneyland où l'on ne peut pas faire un pas sans voir d'affiche vantant tel parc où les éléphants jouent au football ou tel autre dont les tigres se laissent prendre en photo en train de se faire câliner par les touristes. Une montagne couverte d'une forêt humide et arrosée de jolies cascades.
Enfin Chiang Mai sera aussi l'occasion de racheter un nouvel ordinateur. Et oui le nôtre a rendu l'âme, seraient-ce les secousses dans la carriole ??? Nos visas en poche et nos mollets bien reposés, nous reprenons le train jusqu'à Uttaradit où l'on avait laissé nos vélos à l'hôtel. Nous reprenons alors la route pour cette dernière partie de notre voyage à vélo qui sera une partie montagneuse. A l'assaut des montagnes : Dépassement et croisement d'autochtones. Jean-Guillaume Nous avançons un peu plus lentement, certes, mais avec un plaisir toujours intact. On pourrait croire qu'après 8 mois passés sur nos montures, nous pourrions en être lassés mais il n'en est rien, bien au contraire : nous appréhendons même au retour le manque d'activités et en particulier le manque de vélo, et pourtant à l'origine nous n'étions pas forcément tous des aficionados de la petite reine. Après une grosse averse, le sol reste gorgé d'eau Nous décidons d'avancer au plus vite afin de nous poser quelques jours dans un village et d'intervenir dans son école, seulement Chantal ne se sent pas en pleine forme : fatigue, goût altéré, forte fièvre, douleurs dans le dos ressemblant à des courbatures ... oh ça sent la dengue à plein nez et on commence à maîtriser le sujet. Nous décrétons une demi-journée de pause minimum, histoire de faire un bilan de santé à l'hôpital de la première ville. Diagnostic : une infection urinaire, ça n'est pas top mais c'est toujours mieux que le dengue et Chantal est une battante. Une bonne nuit, des antibiotiques et nous reprenons la route dès le lendemain ! Nous franchissons (à nouveau me direz-vous !) les 5000 km, mais il s'agit cette fois des 5000 km d'itinéraire, ceux que nous nous étions engagés à réaliser notamment auprès de nos partenaires mais en premier lieu auprès de nous-mêmes et les uns auprès des autres ! Ce nouveau cap, ces 5000 km au compteur de notre vélo, nous les avons tous parcouru (et pas seulement Jacques, adepte des demi-tours pour récupération d'objets balancés par dessus bord et qui a donc le record absolu des kilomètres parcourus :oP) et nous éprouvons des sentiments assez controversés : la fierté (pourquoi se le cacher !), le soulagement (ouf, j'en étais bien capable !), mais aussi une certaine angoisse (ouahh déjà, c'est super mais ... et maintenant qu'avons-nous comme nouveau projet ?). Sur le chemin de la frontière, nous décidons donc de nous arrêter pour intervenir dans une école, ce que nous n'avions toujours pas effectué en Thaïlande ... c'est désormais chose faite et quelle intervention ! Un pur fruit du hasard, voire même le fruit d'une erreur. Après avoir réalisé une mauvaise lecture de carte, nous avons râté le village visé, et nous nous arrêtons dans le suivant. Nous nous dirigeons vers l'école et rencontrons son directeur. A partir de cet instant, le tourbillon des évènements nous entraîne ... devant 127 élèves le 1er jour et 141 le deuxième, puis nous fait participer à la fête d'accueil (et au karaoké, véritable institution ici !) des deux nouvelles institutrices, et enfin nous fait passer deux nuits chez le directeur et sa femme (également directrice de l'école où nous passons la deuxième journée !). Deux écoles en deux jours, on n'avait pas vraiment envisagé cela mais nous y avons pris énormément de plaisir et les enfants, tant les nôtres que ceux des écoles, aussi !
Je vous invite donc à aller voir la partie sur les écoles pour en savoir plus sur ces interventions, mais je dirais simplement ici que l'accueil reçu dans ces deux écoles est à la hauteur de celui qui nous est réservé dans ce pays depuis que nous le traversons : chaleureux, authentique, et d'une générosité sans égal. Nous en sommes vraiment touchés, émus et admiratifs ! Aurevoir Thaïlande, aurevoir Pays du Sourire, aurevoir mais certainement pas adieu car les rencontres que nous y avons faite ne peuvent rester sans lendemain, et, c'est une certitude ... nous y reviendrons ! Mais ne vous y trompez pas, c'est avec beaucoup de bonheur que nous entrons au Laos qui nous avait tant charmé par sa beauté et sa sérénité ambiante !
Caroline ------------------------------
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